Reviens, Léon...

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Mercredi 12 mars 2008


Bon, au vu des commentaires qui fusent sur le post précédent, j'en arrive à la conclusion que certains des internautes qui viennent perdre leur temps ici sont quand même de grands nostalgiques de Dorothée, de Casimir et de Dragon Ball.

Permettez-moi d'ajouter ma modeste pierre à l'édifice .

Si je vous dis:
"Le Seizième Siècle...blabla...des quatre coins de l'Europe, de gigantesques navires...blabla...Qui n'a jamais rêvé de ces mondes souterrains, de ces mers lointaines peuplées de légendes...blabla..voir le soleil souverain guider ses pas .."

Ben ouais.
Les mystérieuses Cités d'or.

Où trois morveux mal dessinés affrontent des hordes d'extra-terrestres aux oreilles de Vulcains qui veulent les cloner et piquer leur ADN, pendant que des conquistadores débiles maltraitent de gentils Incas et que l'Atlandide n'en finit plus de couler.

On regardait ça à l'heure du goûter, en braillant "Enfant du soleil, tu parcours la terre, le ciel" et on avait monté un trafic de VHS pirates de la série qui circulaient à l'école (parallèlement à un circuit d'approvisionnement illégal en Carambar goût fraise).

Sérieusement, moi j'étais archi-fan de cette japoniaiserie bordélique.

A tel point que j'ai commencé une collection de bouquins sur les Indiens (oui, ce qui me branchait c'était les Incas, pas les délires raëliens sur l'empire de Mu et le clonage de l'ADN, ça c'est le petit Sarkozy qui bavait déjà dessus).
Je me suis donc enfilé à peu près tout ce qui était lisible par des mômes de dix ans et qui portait sur les civilisations pré-colombiennes, les empires andins, la mytholgie aztèque (tartare) et les pictogrammes mayas.

En 1985, j'ai craqué pour La forêt d'Emeraude, de John Boorman, et là j'me suis enfilé Tristes Tropiques et Les veines ouvertes de l'Amérique Latine histoire de mieux comprendre pourquoi y'avait plus beaucoup d'Indiens en Amazonie (au départ, je me disais que, peut-être, les Yanomamis avaient tellement pris les colons Blancs pour des cons qu'ils avaient préféré se barrer en Atlantide à bord du Grand Condor).

En 1990, j'ai vu Danse avec les loups, et j'ai réalisé un peu tard qu'en Amérique du Nord aussi, y'avait des Indiens, et même qu'ils ne parlaient pas comme dans les films de John Wayne ("Moi Sioux, toi cow-boy", le genre de langage que les soldats américains emploient aujourd'hui au Moyen-Orient, sauf qu'on remplace "Sioux" par "bougnoule").
Alors je me suis un peu renseignée sur Wounded Knee, Little Big Horn, les réserves, tout ça.

Là où je veux en venir (c'est long, je sais, mais y'a une conclusion, tu vas voir), c'est que parfois, les grosses conneries qu'on regardait à la télé quand on était mômes nous ouvraient des champs de recherche insoupçonnés. Si je ne m'étais pas prise de passion pour les Cités d'or, je n'aurais sans doute pas fini par acheter et potasser le dictionnaire "anglais-lakota" (un truc parfaitement inutile, mais bon).

De la même manière, ceux qui réagissaient au visionnage de Ken le survivant et Les chevaliers du Zodiaque par une excitation limite sexuelle (Boris, pris la main dans le calecif chez Nico pendant Club Dorothée) ont pu prendre conscience, plus tard, de leur intérêt particulier pour les combats de gladiateurs, les prisons turques, les clubs très privés, le cuir et les accessoires métaliques.

Enfin, et parce que la réalité dépasse souvent la fiction, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer une petite dépêche AFP illustrant une photo dont tout le monde se contrefout:

"Une femme indigène porte son enfant tout en tentant de résister à la police brésilienne qui expulse quelque 200 membres du Mouvement des sans-terre en Amazonie. Les paysans sans terre tentent en vain de résister à l'expulsion armés d'arcs et de flèches contre les forces de police utilisant des gaz lacrymogènes et des chiens dressés."


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publié dans : Le potager: pot-aux-films
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