Mon ex-petite stagiaire préférée, à la lecture de mon article larmoyant intitulé "Festival de la loose" (dans
lequel je me taillais un costard de grosse connasse tout en tressant des lauriers à ma femme), m'a demandé si celle-ci (ma femme) n'avait pas, par hasard, un frère, une soeur, ou même un chien,
un hamster, n'importe quoi qui puisse lui ressembler, même de loin. Un être qui partagerait quelques-unes de ses qualités (qui sont nombreuses) et peut-être, aussi, de ses caractéristiques
génétiques (notamment une plastique mammaire assez avantageuse, des globes oculaires à se pâmer, un fessier sportif et musclé...ahem).
A quoi j'ai répondu que, par chance, Sam Fisher avait effectivement un grand frangin.
Miracle de la nature, epoustoufflant instinct reproducteur qui a poussé mes beaux-parents à tenter deux fois l'aventure du renouvellement
de l'espèce (vous avez vu, je pourrais postuler comme voix-off à Très chasse, très pêche...)
Alors là, on a le choix entre trois versions:
1. Ebahis par le premier fruit de leur amour, Beau-Papa et Belle-Maman se disent que, indiscutablement, ils ne peuvent priver l'Humanité
d'un second petit clone de Léonard de Vinci, ce serait criminel.
2. Horrifiés par leur brouillon, Beau-Papa et Belle-Maman décident illico de se remettre à l'ouvrage et de produire quelque chose de
mieux, histoire de permettre à Grand-Mamie de recommencer à se montrer dans les tournois de belote de la région.
3. Beau-Papa se dit que, oui, un môme c'est bien, mais deux c'est mieux, ça leur permet de s'occuper entre eux et de ne pas venir faire
chier quand on fait ses mots-croisés le dimanche.
Ici naît la Légende.
Tandis que Sam Fisher se construit, à coups de dents, une carrière dans un prestigieux ministère (qui gère des porte-avions sans hélices
et des avions sans ailes), son éminent frangin se taille une belle réputation dans le monde du poisson, des huîtres et des palourdes. Ecumant les ports et les criées matinales, il n'hésite pas à payer de sa personne, achetant au prix de gros, en décembre 2007, plusieurs kilos de coquilles St Jacques
qu'il stocke ensuite dans un vieux congélo planqué dans le sous-sol de son arrière-grand-père, bouilleur de cru de son état (l'alambic sert encore parfois, comme en témoignent les multiples
fioles estampillées "Poire" et "Pomme" qui trônent sur le buffet de Beau-Papa), avant de les revendre au prix du marché et de se faire 2000 euros de plus-value (l'enculé).
"Pas frais, mon poisson???", telle pourrait être sa devise. Mais si on interroge sa petite soeur, on pourrait tout aussi bien l'appeler
"l'homme qui avait un gros problème de rétention anale freudienne", car le Côté Obscur de notre héros, c'est qu'il est encore plus pingre que De Funès dans La folie des grandeurs.
Ajoutons à cela un amour inconditionnel pour le comique troupier (la rupture de stock de "On a retrouvé la 7e compagnie" au Leclerc d'Avranches, c'est lui), une propension remarquable à
émettre des gaz dans les situations les moins indiquées (et à en ricaner un peu comme ça: "Beuahhh ah ah"), et nous aurons un portrait relativement fidèle de celui que, depuis l'automne 2006,
j'appelle avec une légitime fierté "mon beauf".
Laurent, si tu lis ces lignes, sache que je n'en pense pas un mot, que je suis la mauvaise foi et la lâcheté incarnée, que jamais je ne
te dirais ça en face, que d'abord c'est ta soeur qui m'a absolument tout soufflé et que j'attends toujours la nouvelle télé à écran plat que tu dois t'acheter pour nous permettre de récupérer
l'ancienne et de la mettre à Vains (ça commence à faire chier de jouer à SPlinter Cell sur une 20 centimètres pendant les vacances).