Reviens, Léon...

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Mercredi 31 octobre 2007

Je panse, donc j'essuie.

Je panse en l'occurrence  les bobos de Sam Fisher, et j'essuie les litres de flotte qu'une maladie étrange lui font régurgiter depuis lundi.

Putain.

Pendant ce temps, au Quartier Général, Bibendum le chat et Poupon la Peste sont en train d'opérer en urgence un ours en peluche baptisé "Plutapluta Docteur".

'Me sens un peu dans la peau d'un improbable croisement entre Fox Mulder et Carol Hattaway.

Fin de transmission, capitaine Kirk.


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publié dans : Mon moi personnel, profond, du dedans
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Jeudi 25 octobre 2007
Alors bon, ça fait quoi, un Pacs?

C'est d'abord une môme de trois ans qui me dit, fièrement:
- Tu sais môman, z'ai bien compris que tu vas te marier, c'est mamie qui m'a expliqué, et comme demain c'est pacs, y'aura des oeufs en chocolat.

C'est aussi les parents de Sam Fisher, qui se lèvent aux aurores quelque part dans le trou du cul de la Normandie (que j'irai revoir, même si c'est pas le pays qui m'a donné le jour) pour prendre un train à six heures du mat', un train qui les amènera sur Paris, parce que leur fille se pacse avec une autre fille, et que même si l'année dernière ils ignoraient jusqu'à la signification réelle du mot "lesbienne" (beuark), ils tiennent à être à côté d'elle quand elle va signer le fameux papier, vu que "lesbienne" ou pas, c'est leur fille, nom di Djou!

C'est une emmerdeuse qui change quatre fois de tenue avant de trouver la bonne, et qui gonfle tout le monde avec son stress à deux balles ("Putain, mais tu vas arrêter de courir dans tous les sens? Tu nous fous la gerbe!")

C'est, enfin, des potes tellement potes qu'on dirait des frangins et des frangines, qui viennent avec leur ribambelle de gosses, cravates pour les pisseurs, robes toutes neuves pour les pisseuses, même le grand couillon de dix-huit ans, l'ado le plus attardé de la création ("meuaaahhhh, mon père est con, ma mère est nulle, j'veux un scooter") se pointe avec sa cravate et son air de gland, et tout ce p'tit monde a séché les cours pour être là.

"Là", justement, c'est le tribunal, même pas une mairie, on se pointe avec un drôle de sentiment de culpabilité, on se regarde tous comme si on allait nous embarquer comme des malpropres, parce que "tribunal" rime avec "pénal" et qu'on se met à penser aux amendes qu'on a jamais payées.

"Là", c'est le bureau minuscule dans lequel la gentille greffière (on dirait qu'elle vient d'avoir dix-huit ans) essaie tant bien que mal de faire tenir, en plus des deux futures pacsées, les parents, les z'amis et les gamins, mais peine perdue, y'aurait à peine la place de faire rentrer deux balais et un seau, dans ce cagibi, alors ce sont dix têtes qui dépassent de l'encadrement de la porte, et le flash de l'appareil photo dans la gueule...

Ce sont les larmes soudaines et pas du tout prévues de mon beau-père, lui que j'ai toujours cru blasé, davantage intéressé par son clébard que par n'importe quoi d'autre, et ma belle-mère qui n'attendait que ce prétexte pour s'y mettre aussi, et ça chiale , et les gosses se demandent si c'est du lard ou du cochon, alors faut expliquer, et va donc expliquer à une pisseuse de six ans qu'on peut pleurer de joie ("Tu t'fous de ma gueule?" demande la gamine, qu'a pas d'éducation).

C'est le champagne qui monte à la tête et fait roter, et l'emmerdeuse redevient une ado débile et ricane bêtement ("heu heu heu!") dès qu'on prononce les mots "fesse", "cul" ou "prout" (pathétique et pas du tout productif, sans compter l'image qu'elle donne à ses beaux-parents, qui vont bientôt re-chialer, mais pas de bonheur cette fois).

Et là, précisément, à 20 heures pétantes, l'appart' ayant retrouvé un semblant de calme, Poupon la Peste encore toute fumante de son bain, dans son pyjama rose (évidemment), Sam Fisher ayant ramené ses vieux à la gare Montparnasse, ma propre môman ayant regagné ses pénates, les z'amis fidèles s'en étant retournés vers leur domicile parisien (tête de chien), me voilà vautrée devant l'ordinateur, bourrée comme un coing, beurrée comme un Petit Lu, prête à pioncer vingt-quatre heures non-stop.

Et que me dit ma toute nouvelle "partenaire de Pacs", ma "pacsée" de fraîche date?

- Dis, t'oublies pas que demain, on va chez Carrefour, fais-moi penser à prendre de l'eau pour la teuf de samedi, y'aura forcément des gens qui voudront de l'eau, et pis faudra aussi qu'on calcule un peu le nombre de bouteilles de champ' , de vin, et bien sûr qu'on se fasse une grosse liste pour la bouffe, heureusement qu'Agnès nous fait son pâté, d'ailleurs je t'ai dit qu'elle passera nous aider dans la journée pour tout préparer, et puis pour les meubles, faudra faire de la place, je t'ai pas dit, on va pousser le canapé contre le mur  et puis mettre la table dans ce coin-là, et puis...

Ouais.

D'accord.
publié dans : Le Nidouillé
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