Reviens, Léon...

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Mercredi 7 mai 2008




Le mercredi, c'est la journée "Tchi-tchââââ", en principe.

Ce qui signifie que pas mal de gens se précipitent vers des multiplex à la con, dans lesquels ils payent dix euros leur place, auxquels il faut rajouter cinq euros de pop-corn, trois euros de boisson gazeuse, tout ça pour se retrouver dans une grande salle avec un son Dolby-THX-Digital-Ta Mère, pour voir une grosse merde en version française (ou bien une grosse merde française tout court).

Ahhhh, ces séances de cinoche à Beauf Land, tous les connards du coin venant roter leur Coca devant un navet et se la jouer critique de film!
J'ai donné, moi aussi, j'ai même introduit des hot-dogs et de la bière au nez et à la barbe de l'ouvreuse à l'époque ou y'avait encore des ouvreuses au cinéma...

Remarque, tu as aussi, à l'opposé, les cinémas d'élite, genre MK2 ou encore mieux, salles d'Art et d'Essai du 5e et du 6e arrondissement, dans lesquels se retrouvent les intellos de Saint-Germain-des-Prés afin de glorifier des films serbo-croato-hongrois auxquels ils ne comprendront peut-être pas tout, mais dont au moins ils pourront replacer le titre dans un dîner branché (ceux-là même qui te diront qu'on va au cinéma pour réfléchir, et que tu gauleras en train de se glisser discrètement dans la file d'attente de Piège de Cristal ou de La guerre des étoiles).
Et là aussi, j'ai donné, fallait bien que je tienne mon rang d'élève du meilleur bahut de France (disent-ils) promue à un brillant avenir intellectuel et destinée à faire partie de la Caste enviable des Débiles Supérieurs.

Le cinéma, après tout, c'est fait pour passer un bon moment, avec Bienvenue chez les Chtis ou devant Le décalogue, à la limite on s'en fout.

Plutôt que de se gaver des pubs entrecoupées de séries télés proches du degré zéro de l'intelligence, plutôt que d'écouter des radios de merde qui nous passent en boucle deux ou trois daubes hurlées par des boudins qui bêlent plus qu'ils ne chantent, plutôt que de se triturer les méninges sur des grilles de Sudoku ( pratique sexuelle à la limite de la scatologie), plutôt que de se dire que tout va mal, que c'est la merde, que c'est la faute à la gauche, à la droite, en haut, en bas, et si tu avances quand je recule...

Et si on allait au cinoche?

C'est quand même là qu'on profite du sachet de bonbons de sa voisine de siège pour lui piquer un Haribo et lui voler un bisou...Là qu'on tremble pour Ripley ou qu'on chiale sur les protégés d'Oscar Schindler...Là qu'on se bidonne devant les Monty Python...

Ces vingt-cinq dernières années, j'ai  collecté quelques souvenirs mémorables dans des salles obscures.

Allez, je te refais le coup de la liste, ça fait un long article et ça ne demande pas un grand effort créatif (la dépense intellectuelle, c'est comme le sport: point trop n'en faut).

En vrac, comme ça me vient, sans logique aucune, liste non exhaustive et non-officielle:

- Under Fire
et son cousin Salvador (Ma période "je veux devenir journaliste", mais Jean-Pierre Pernault m'a guérie)
- Enemy Mine ("Touche pas à mon pote" version E.T, c'est beau, c'est linéaire, c'est con, c'est bon)
- The Blues Brothers
- Star Wars (la seconde trilogie n'existe pas, ou alors au fond de mes chiottes)
- Alien (Sigourney Weaver en petite culotte...Caramba!)
- Blade Runner
- La Liste de Schindler
- Nikita (oui, à une époque, Luc Besson faisait des films)
- Mad Max (Mel Gibson, en ce temps-là pas encore encarté à l'Opus Dei)
- Retour vers le futur (Moi aussi j'ai roté mon coca en bouffant du pop-corn)
- Ghostbusters (La preuve...)
- Spinal Tap
- Stand by me
- Easy Rider (vrrrrroum! vroum! Born to be wild!)
- Delivrance (vous ne partirez plus en rando comme avant)
- La forêt d'émeraude (ma période écolo)
- Wolfen (ma période ultra-écolo)
- Outsiders (Coppola et une bande de jeunes encore pas connus)
- Rusty James (Coppola et un gosse, Matt Dillon, pas connu non plus)
- Karaté Kid ("Wax on, wax off" chantonnait Maître Miyagi)
- Breakfast Club
- Furyo
- Monty Python Sacré Graal
("a witch! Burn the witch!")
- The Rocky Horror Picture Show (A voir au
Studio Galande, le temple du Rocky)
- Apocalypse Now (et ils sont encore allés se vautrer en Irak...faut vraiment être con)
- Platoon (On les avait prévenus, pourtant)
- Voyage au bout de l'enfer (mais ils n'écoutent jamais rien)
- M.A.S.H (Ma vocation d'infirmière)
- The Rose (ma période Janis Joplin)
- American Beauty
- Dark Crystal (Les Minimoys peuvent aller se rhabiller et Besson peut aller se faire enculer)
- Beetlejuice (Julien Lepers...ha, non, Michael Keaton)
- Aux frontières de l'aube (premier film de vampires post-moderne)
- Le loup-garou de Londres (premier film de loup-garou post-moderne)
- Gremlins (premier film de gremlins post-moderne)
- Les Goonies (premier film de goonies post-moderne)
- My own private Idaho
- Rencontres du Troisième type (la petite musique au clavier Bontempi)
- Les dents de la mer (voilà pourquoi je préfère la montagne)
- E.T
- When night is falling
- Miracle en Alabama

- Bound
- Birdy (Et depuis, Nicolas Cage et moi, c'est "à la vie, à la mort")
- Lord of War (Nicolas Cage il est quand même fort)
- Peggy Sue s'est mariée (quelle conne, fallait pas...
Je t'ai parlé de Nicolas Cage?)
- A la poursuite du diamant vert (On ne court pas dans la jungle en hauts talons, bordel)
- Ghost (une grosse merde, ce film, mais j'ai appris à faire de la poterie)
- Christine, Fog, Halloween, New York 1997, Prince of darkness, The thing, Ghosts of Mars et - tous les films de John Carpenter (go fuck them, Johnny!)
- Terminator (et je préfère James Cameron dans ce registre, Titanic m'a fait chier à mourir)
- Terminator 2 ("I'll be back", qu'il avait dit)
- La vie est un long fleuve tranquille ("Marie-Thérèse, ne jurez pas!")
- Train de vie
- Torch Song Trilogy
- Woody Allen (je mets pas de titres parce que je les aime tous, même les plus nuls)
- Little Big Man (Kevin Costner peut aller se coller ses plumes dans le cul)
- Tootsie

- La Horde Sauvage (trèèèès sauvage)
- Le Bon, la Brute et le Truand ("le monde se divise en deux, Tuco")
- Vendredi 13 (où sont passés les bons slashers? Arrêtez de nous emmerder avec "Saw"!)
- Pitch Black (qui a dit que la Série B était morte?)
- Fire
- La déchirure
- Indiana Jones (et qui c'est qui va bientôt roter son coca devant le quatrième opus?)
- Les Autres ("Amityville" c'est pour les nains en tutus roses)
- Poltergeist (Raahhh, la scène du steak!)
- Maurice (so gay, so british)
- Rue Case-Nègres (les adorateurs de Césaire, ils l'ont vu, au moins?)
- Le silence des agneaux ("...et un excellent chianti....")
- Voyages
- Le Père Noël est une ordure ("SOS détresse?")
- Pixote
- Collision
- Les fils de l'Homme
- Les Tontons Flingueurs
(façon puzzle)

- Habana Blues
- Pulp Fiction
- Fraise et Chocolat
- Elephant Man
- Le bal des vampires

-Le voyage de Chihiro (et plus généralement, l'oeuvre de Miyazaki, qu'il ne faut pas confondre avec Maître Miyagi)

 

Et pis après je sais plus, franchement, y'en a tellement (même les barbouzeries américaines des années 80 qui repassent en deuxième partie de soirée sur TF1 avaient leur charme, à l'époque).

Quand on est au cinéma, au moins, on n'est pas devant la télé.

Et toi, ami lecteur, mmmm?

T'en as, des films de cul(te) ?


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Jeudi 27 mars 2008

Richard Widmark est mort.

Moi, je me souviens surtout de ses personnages de western: Jim Bowie dans Alamo, par exemple. Il a aussi joué dans La lance brisée et dans Coup de fouet en retour, bénie soit la Dernière séance, ses vendeuses de bonbons taillées comme des pin-up et ses cartoons pleins de loups hurlant à l'amour signés Tex Avery.

Richard Widmark, il m'a aussi marquée parce qu'il a tourné dans Cheyennes, le premier western qui ne montrait pas les Indiens comme des primates assoiffés de sang, enfants barbares de Jacques Dessange et Letherface toujours prêts à dégager complètement la nuque d'un Visage Pâle quand il laisse son scalp traîner à proximité de leurs tomahawks.

Dans Cheyennes, Richard Widmark, il incarnait un officier de l'U.S Army qui se range du côté des Cheyennes, et ça c'était carrément une révolution (même si après on a eu Danse avec les Loups, mais bon, à l'époque de Widmark, c'était pas politiquement correct de dire que les Indiens étaient des victimes, et puis quant à Kevin Costner, il a aussi pondu Waterworld, alors bon, il a encore beaucoup à se faire pardonner, le con).

Et dans le même genre, ça me fait penser à Little Big Man, que j'ai vu environ trente fois depuis que j'ai douze ans.
Où Dustin Hoffman incarne Jack Crabb, un mec très petit (très, très petit) qui grandit au milieu des Sioux, revient ensuite chez les Blancs, épouse une grosse Bavaroise, se la fait piquer par des Indiens, retrouve sa frangine, devient le Roi du Revolver avec Wild Bill Hickok, revient chez les Indiens, s'engage dans l'armée de Custer, revient chez les Indiens, quitte la civilisation pour devenir un ermite à moitié barjot, pour finir par....revenir chez les Indiens.

Raconté comme ça,on peut penser que ça part en couilles pendant deux heures, mais en fait pas du tout, hein.
C'est drôle, c'est poignant, c'est beau, et si vous n'avez jamais vu la scène du massacre du village Sioux par l'armée de Custer, une scène silencieuse où on n'entend que la jolie petite musique de la flûte militaire pendant que femmes et enfants se font littéralement exploser la cervelle sous nos yeux, c'est que vous n'avez jamais réellement pris conscience du concept de violence cinématographique.

Attention, c'est du très grand cinéma mais ça fout la gerbe:



(T'as gerbé? Non, parce que j'ai passé l'aspirateur ce matin, alors tu seras gentil de nettoyer...)


Enfin bref, tout ça pour dire que Richard Widmark, il est mort, et c'est bien con.

Allez, une petite citation pour terminer.

"l'idiotie est une valeur positive, Forrest Gump, c'est l'éloge de la bêtise, et c'est un triomphe. C'est très triste et assez effrayant".

Richard Widmark (en 1995).




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