Samedi 13 octobre 2007
Bon, je le dis d'entrée de jeu, histoire de tuer dans l'oeuf l'éventuelle polémique que pourrait provoquer la simple évocation de ce bouquin:
Non, je ne suis absolument pas "anti-américaine primaire".
Je sais qu'il est de bon ton, voire vachement branché, de dégueuler son café quotidien sur ces salauds de Yankees, bourreaux du Tiers-Monde et instigateurs de toutes les guerres, et blablabla.
Et même s'il y a du vrai là-dedans, je n'aime pas l'idée de hurler avec les loups, et dans ce cas précis ce serait pire puisqu'il s'agirait de bêler avec les moutons.
Et moi, les moutons, ça m'gonfle.
Donc, je ne suis pas atteinte de cette pathologie fort répandue qui consiste à accuser l'obèse bouffeur de Big Mac et amoureux de son flingue de tous les maux de la planète (sauf s'il s'appelle Michael Moore, parce que les "bons Américains", ça existe, c'est un peu comme Le Pen qui a toujours eu "un copain Arabe"...).
Mais quand même.
En llisant American Psycho, on ne peut pas rester indifférent à la putain de critique du système.
Les années Reagan, les "yuppies", les "golden boys", la société d'hyper-consommation, le système de classes (voire même de castes), la froideur de ces enfoirés de jeunes traders de Wall Street, tout y passe.
On y possède des Rolex, des télé dernier cri, des chaînes Hi-Fi hors de prix, on ne s'y fringue qu'en Armani, on atteint le sommet de la réussite quand on parvient à réserver une table dans le dernier restaurant branché de Manhattan. Pour se donner un peu de pêche, on se fait des p'tits rails de coke, et à la sortie des boîtes de nuit les plus chères de New York, on baise froidement des filles canon sorties de prestigieuses universités et destinées à devenir rapidement des poules pondeuses confinées dans de luxueuses maisons (un avenir à la Desperate Housewives, quoi).
C'est pas flippant.
C'est pire.
Alors quand on s'aperçoit que le narrateur (puisque le bouquin est raconté à la première personne) est, en plus, un psychopathe de première ordre, ça devient carrément l'horreur, vu qu'après l'angoisse sociale, on a droit à la terreur organique et psychologique (et putain, qu'est-ce que je cause bien...)
Jeune, beau, riche, athlétique (il fait trois heures de muscu quotidiennes dans son loft de Manhattan), Patrick Bateman passe environ deux heures par jour à appliquer sur son corps et son visage une trentaine de crèmes et lotions rafermissantes, exfoliantes, adoucissantes, et j'en passe. Un corps parfait, comme Brad Pitt dans Troie, quoi (sauf que chez Bateman y'a pas de trucage...désolée pour les fans de Brad Pitt)
Il sort le soir avec ses clones, des mecs aussi froids et creux que lui-même, dans les endroits branchés de New York. Et accessoirement, pendant son temps libre, il viole, égorge, éventre et décapite des nanas, des clochards, tout ce qui lui tombe sous la main (comme il possède le dernier cri en matière d'électroménager, il a toujours un grille-tout-pain Seb ou une friteuse Moulinex à portée de main).
Voilà le canevas du bouquin.
Alors, bien sûr, on peut n'y voir qu'une critique métaphysique, 'achement bien construite au niveau du symbolisme et des références socio-culturelles relatives au consumérisme de masse et...heu...j'ai perdu le fil...je suppose qu'il faudrait citer ici un tas d'économistes et de sociologues, histoire de prouver que j'ai bien saisi la portée du livre.
Mais ça me gave.
Un grand romancier a écrit: "C'est l'histoire, pas celui qui la raconte".
Et l'histoire est affreusement, horriblement, terriblement, viscéralement bien écrite. Et la plongée dans la tête et l'univers de Bateman sont un peu comme un aller simple pour un pays qui serait un mélange de l'Irak, de la Corée du Nord, du motel de Norman Bates, de la maison de Leatherface et de l'Elysée (ah non...pardon).
Bref....
Un putain de livre.
Mais à déconseiller aux fans d'Amel Bent, de la Nouvelle Star, de Vivement Dimanche, de la Petite Maison dans la prairie (sauf si c'est au 20e degré et que vous avez toujours rêvé de voir Charles prendre sauvagement Caroline sur le tas de bois), d'Adamo, de Joséphine Ange gardien, aux amis des bêtes (sauf si vous les aimez découpées en tranches), aux inconditionnels de Jean-Marie Bigard, aux amoureux de Julien Courbet, aux auditeurs de Skyrock et d'NRJ...
Enfin, aux gens mentalement limités, quoi.

Non, je ne suis absolument pas "anti-américaine primaire".
Je sais qu'il est de bon ton, voire vachement branché, de dégueuler son café quotidien sur ces salauds de Yankees, bourreaux du Tiers-Monde et instigateurs de toutes les guerres, et blablabla.
Et même s'il y a du vrai là-dedans, je n'aime pas l'idée de hurler avec les loups, et dans ce cas précis ce serait pire puisqu'il s'agirait de bêler avec les moutons.
Et moi, les moutons, ça m'gonfle.
Donc, je ne suis pas atteinte de cette pathologie fort répandue qui consiste à accuser l'obèse bouffeur de Big Mac et amoureux de son flingue de tous les maux de la planète (sauf s'il s'appelle Michael Moore, parce que les "bons Américains", ça existe, c'est un peu comme Le Pen qui a toujours eu "un copain Arabe"...).
Mais quand même.
En llisant American Psycho, on ne peut pas rester indifférent à la putain de critique du système.
Les années Reagan, les "yuppies", les "golden boys", la société d'hyper-consommation, le système de classes (voire même de castes), la froideur de ces enfoirés de jeunes traders de Wall Street, tout y passe.
On y possède des Rolex, des télé dernier cri, des chaînes Hi-Fi hors de prix, on ne s'y fringue qu'en Armani, on atteint le sommet de la réussite quand on parvient à réserver une table dans le dernier restaurant branché de Manhattan. Pour se donner un peu de pêche, on se fait des p'tits rails de coke, et à la sortie des boîtes de nuit les plus chères de New York, on baise froidement des filles canon sorties de prestigieuses universités et destinées à devenir rapidement des poules pondeuses confinées dans de luxueuses maisons (un avenir à la Desperate Housewives, quoi).
C'est pas flippant.
C'est pire.
Alors quand on s'aperçoit que le narrateur (puisque le bouquin est raconté à la première personne) est, en plus, un psychopathe de première ordre, ça devient carrément l'horreur, vu qu'après l'angoisse sociale, on a droit à la terreur organique et psychologique (et putain, qu'est-ce que je cause bien...)
Jeune, beau, riche, athlétique (il fait trois heures de muscu quotidiennes dans son loft de Manhattan), Patrick Bateman passe environ deux heures par jour à appliquer sur son corps et son visage une trentaine de crèmes et lotions rafermissantes, exfoliantes, adoucissantes, et j'en passe. Un corps parfait, comme Brad Pitt dans Troie, quoi (sauf que chez Bateman y'a pas de trucage...désolée pour les fans de Brad Pitt)
Il sort le soir avec ses clones, des mecs aussi froids et creux que lui-même, dans les endroits branchés de New York. Et accessoirement, pendant son temps libre, il viole, égorge, éventre et décapite des nanas, des clochards, tout ce qui lui tombe sous la main (comme il possède le dernier cri en matière d'électroménager, il a toujours un grille-tout-pain Seb ou une friteuse Moulinex à portée de main).
Voilà le canevas du bouquin.
Alors, bien sûr, on peut n'y voir qu'une critique métaphysique, 'achement bien construite au niveau du symbolisme et des références socio-culturelles relatives au consumérisme de masse et...heu...j'ai perdu le fil...je suppose qu'il faudrait citer ici un tas d'économistes et de sociologues, histoire de prouver que j'ai bien saisi la portée du livre.
Mais ça me gave.
Un grand romancier a écrit: "C'est l'histoire, pas celui qui la raconte".
Et l'histoire est affreusement, horriblement, terriblement, viscéralement bien écrite. Et la plongée dans la tête et l'univers de Bateman sont un peu comme un aller simple pour un pays qui serait un mélange de l'Irak, de la Corée du Nord, du motel de Norman Bates, de la maison de Leatherface et de l'Elysée (ah non...pardon).
Bref....
Un putain de livre.
Mais à déconseiller aux fans d'Amel Bent, de la Nouvelle Star, de Vivement Dimanche, de la Petite Maison dans la prairie (sauf si c'est au 20e degré et que vous avez toujours rêvé de voir Charles prendre sauvagement Caroline sur le tas de bois), d'Adamo, de Joséphine Ange gardien, aux amis des bêtes (sauf si vous les aimez découpées en tranches), aux inconditionnels de Jean-Marie Bigard, aux amoureux de Julien Courbet, aux auditeurs de Skyrock et d'NRJ...
Enfin, aux gens mentalement limités, quoi.





