Nouveau mot à rajouter dans le vocabulaire courant:
"Crédébilité".
Contraction de crédible et de débile.
Un agent de la SNCF:
- C'est normal qu'on s'arrête à cinquante ans. C'est valable aussi pour les agents sédentaires, vous savez. C'est une sacrée contrainte, le service public! Travailler parfois le week-end, les
jours fériés, parfois la nuit. Les vacances, on les a pas toujours en juillet ou en août. Vous voyez?
Oui, oui.
On voit.
(Y'a d'autres métiers qui en font à peu près autant, dans des grands bâtiments tout blancs qui s'appellent des "hôpitaux", mais sans doute que les gens qui y bossent, ayant souvent maille à
partir avec les réalités socio-économico-sanitaires du terrain, ont compris un peu plus de choses, faut dire qu'ils n'ont pas trop le temps d'enculer les mouches...)
Donc, même si statistiquement, il est clair que dans peu de temps y'aura plus assez de jeunes pour payer les retraites des vieux, on est tenus de faire une exception.
Pour payer les retraites trèèèèèès anticipées des salariés de la SNCF.
Qui en chient à mort, vu que (vous le savez peut-être pas) on est toujours à l'ère de la locomotive à charbon, que les mecs passent douze heures par jour à pelleter des tonnes de ce fameux
charbon pour alimenter leurs machines, qu'ils n'ont toujours pas de couverture maladie et que du coup, quand ils sont brûlés au troisième degré après un geste un peu brusque, ils se retrouvent au
chômage, sans le sou, obligés d'envoyer leurs enfants au fond de la mine (à charbon, justement) tandis que leur malheureuse épouse (qui s'appelle Fantine) se voit contrainte de vendre son corps
sur les boulevards en plein hiver, pour le plus grand plaisir des salauds de bourgeois.
Ben oui.
Evidemment.
Zola rigolerait bien...il nous ferait peut-être l'honneur de publier un ultime tome des Rougon Macquart, dans lequel le dernier descendant des Lantier, guichetier à la Gare du Nord, et
son propre fils, employé chez EDF, prendraient la tête d'une juste et populaire révolte en marchant sur les ministères aux vaillants cris de "cinquante ans, c'est pas bien! Quarante ans, ou
rien!".
"Le bête humain", ça s'appelerait.
(P.S: Sergai13, ouvre un blog si tu veux t'épancher de deux cent mille mots de commentaires sur la réforme des régimes spéciaux, y'a pas écrit "toilettes" sur le mien).



