Mais putain, quelle télé de merde on a, en France!
(à noter que je ne suis pas persuadée qu'elle soit meilleure chez les autres...)
Hier soir, je passe d'un reportage sur l'euthanasie à l'enterrement de jacques Martin.
Entre nous, les deux sujets ne sont pas si éloignés que ça, si on m'avait écoutée, on aurait abrégé les souffrances de Jacques Martin (et des Français) y'a trente ans, quand il infligeait ses émissions de merde au bon peuple (qui en redemandait en remuant la queue).
Alors, me direz-vous, pourquoi tant de haine?
Parce que.
D'abord, parce que la haine et la putasserie sont mes carburants, comme chacun sait. Je carbure à la haine et à la mauvaise foi comme d'autres biberonnent du pastis ou du calva.
Ensuite, parce que j'ai subi une sorte de double effet Kiss-Cool télévisuel, hier soir.
Ou triple.
Ou quadruple.
D'abord des médecins farouchement opposés au suicide médicalement assisté, tel qu'il est pratiqué en Suisse.
- Non mais vous vous rendez compte? Tuer le patient, c'est contraire à l'éthique, c'est monstrueux!
Qui t'a parlé de tuer le patient, connard...puisque c'est lui-même qui se donne la mort. Tout ce que le patient te demande, c'est de l'accompagner...pour une fois dans ta carrière, "accompagner le patient"...mais c'est trop te demander, hein, toubib? T'es bon qu'à jouer au golf et à gonfler tes honoraires en clinique...
Ensuite, je zappe sur l'enterrement de jacques Martin, 5000 personnes dans la rue, le gratin du show-bizz et même la pouffe à Sarko (ex-pouffe à Martin) dans le public, tout ce p'tit monde venu communier autour du génial inventeur de "L'école des fans" (une Star Ac' avant l'heure, tout aussi pourrie, mais qui avait le mérite de donner aux has been de la chanson française une dernière chance d'apparaître à la téloche).
Zap! Me voilà sur Brice-Adolf-Horte Machin. Alors lui, on peut dire qu'il a la gueule de l'emploi, non? Y'a soixante ans, je l'aurais bien vu chef de la gestapo. Rarement vu une aussi sale gueule (à part, peut-être, celle de mon petit frère quand il était acnéique, gras du cheveu et morveux des naseaux, et qu'il écoutait Nirvana en boucle...mais je doute que Brice connaisse Nirvana).
Et Brice de m'expliquer que les tests ADN, ça n'a rien d'anti-républicain, et que quinze jours, c'est largement suffisant pour qu'un demandeur d'asile débouté (dégoûté) fasse appel...Ben voyons...Etant donné qu'il a déjà une tête de noeud, serait-il possible de lui couper les couilles, histoire de faire bonne mesure?
Zap! Un employé SNCF encarté à la CGT m'explique à quel point c'est crevant, de bosser derrière un guichet dans une gare (ah bon?), et que même des fois on bosse le dimanche (et dans les hôpitaux, trouduc, on fait relâche le jour du saigneur?), et que c'est bien normal, dans ces conditions, de prendre sa retraite à 50 piges à plein salaire...et un mec de chez EDF vient ensuite chouiner parce que c'est épuisant, de bosser pour EDF, avec un Comité d'Entreprise qui vous paie des voyages aux Caraïbes pour moins de trois euros, et que franchement, c'est archi-angoissant, de ne pas payer son électricité, sans dec' , on se sent presque anormal, on est stressé, alors du coup c'est un peu normal, d'arrêter de bosser à cinquante piges...blablabla...
Alors bien sûr, demain est un autre jour, et ça tombe plutôt bien puisqu'on est est déjà demain.
Ce soir, c'est rugby, c'est pizza et pinard (épinards?), c'est mézigue sur le canapé dans les bras de Sam Fisher, avec la barrique qui nous sert de félin en train de suinter l'huile par tous les pores (sur fond de ronronnement).
Et si les Bleus se prennent une dérouillée...
Ben j'enverrai Chabal se faire euthanasier en Suisse pendant que Monsieur Jambon Madrange prendra une retraite anticipée aux côtés de Jacques Martin dans une allée du Père Lachaise, et les mecs à poil du calendrier des rugbymen n'auront qu'à se reconvertir dans une backroom anonyme et obscure (forcément).
Et pendant ce temps-là, moi je continuerai à zapper.




