J'ai fini par le passer, ce coup de fil.
Voix grave de mon pater familias, putain c'que ça m'a fait du bien!
Et Poupon la Peste, qui en a remis une couche en matière d'émotion, quand elle a réclamé le combiné...
- Allô papi? Ze vais bientôt aller à l'école. Et ze vais habiter à Montreuil. Et là, ze regarde les Razmoquette. Et z'ai des dinosaures en plastique. Papi? Ze t'aime.
Voilà. C'est ma môme, ça.
Pendant ce temps-là, comme on dit...
Pendant ce temps-là, ma cousine nous pondait un p'tit Julien, pas bien épais encore, mais déjà bien vif...bienvenue dans cette famille de barjots, Julien. Avec nous, t'auras pas besoin d'un psy,
mais de cinq. Que tu useras les uns après les autres. Mais en contrepartie de toutes tes névroses à venir, tu vas en recevoir, de l'amour, crois-moi...c'est comme ça, dans notre famille...
D'ailleurs, y'a pas longtemps, je répondais à une collègue de boulot, qui me demandait:
- Dites, l'emmerdeuse, votre famille...c'est quel genre?
J'ai réfléchi une minute. J'ai pensé aux mères abu-juives, aux pères intello-dépressifs, aux tantes hystérico-adorables, aux cousins et aux cousines de la diaspora familiale (entre La Havane,
Suresnes, Buenos Aires, New York et paris), à tous les psychanalystes qui doivent nous vouer aux gémonies depuis que la psychanalyse existe, aux chats qui se sont succédés (aussi timbrés que
leurs maîtres, d'ailleurs, mon grand-père avait menacé de déménager quand la meute de félin a pris l'habitude de jouer à Spiderman par-dessus la table, pendant les repas de
famille).
J'ai repensé à tout ça, et j'me suis dit que mon chat obèse ferait un boeuf tout à fait acceptable, mes potes Fred, Cyrille et Philippe de parfait rois mages, Poupon La Peste un p'tit Jésus
version "mini-pouffe", et que le reste de la tribu devait de toute façon, d'une lointaine manière ou d'une autre, venir de la banlieue de Bethléem...
Alors j'ai répondu:
- Le genre "sainte famille".
Et ça donne à peu près ça: