Au secours, Sigmund!!!
Déformation professionnelle? Oedipe mal résolu?
Je me creuse la cervelle...
Toujours est-il que ce midi, ma chère moitié nous ayant gentiment préparé des sandwiches jambon-fromage, je suis restée bloquée sur la taille de nos casse-dalles respectifs.
- Hey! Pourquoi ton sandwiche est plus gros que le mien???
Elle, toujours très zen, la sérénité incarnée:
- Ben, parce que tu m'en as expréssément demandé un "petit".
Moi, déconfite, limite déçue:
- Ah ouais...c'est vrai.
N'empêche.
Je me sens frustrée. Déconsidérée. Mon ego se déballonne devant ce casse-croûte minable, moitié moins conséquent que celui de ma donzelle.
Tout ça, c'est sûrement une histoire de castration symbolique. En l'occurrence, alimentaire.
Et l'autre greluche d'en remettre une couche, en prenant l'air innocent:
- Ce soir, on se fait une pizza? Senior pour moi, Junior pour toi?
Je la hais.
Mi-san-thro-pe.
Voilà comment un retour de boulot pourri peut me filer la haine, me donner la nausée, me coller une envie furieuse de dégueuler de l'humain, là, tout de suite, sur ce quai de métro cradingue.
Entre l'abruti qui me bouscule sans s'excuser (un troupeau d'abrutis, en fait, tous les usagers de la RATP sont des abrutis en puissance)...
La grosse vache qui prend toute la place dans le wagon, sans parler de son pékinois de merde qui glapit vers tout ce qui bouge, m'en vais t'en faire un cache-sexe ethnique, de ce rat...
Le rappeur à gueule de con qui a mis son Ipod à fond les bananes et qui me fait profiter de la musique de mongolien qu'il s'enfourne allègrement dans le conduit auditif...
La pouffe intégrale qui braille dans son portable, histoire d'être bien sûre que tout le monde partage son enthousiasme pour la dernière collection de Madonna chez H&M (tu veux vraiment avoir l'air d'une pétasse, toi)...
Le SDF qu'est bien gentil, mais qui peut se garder son regard assassin quand je lui file rien (mon pote, j'ai pas toujours un euro sur moi, tu m'confonds avec Bernadette Chirac)...
La gonzesse (enfin, je crois) planquée sous une burka très longue, très noire, dont on ne voit même pas l'ombre d'un millimètre de peau, hé, de loin tu ressembles à un isoloir, gaffe à toi le 22 avril...
BREF!
Je suis au stade "tolérance zéro", même le chat obèse, qui vient quémander un câlin quand je me pose enfin, en prend pour son grade:
- Rahhhh putain c'est pas le moment!!! Allécouché!!!
MARRE de mes con-génères. ASSEZ. Envoyez-moi sur une île déserte, bordel, et encore, avec le pot que j'ai, j'y verrais débarquer l'autre connard de chevelu qui me sourirait béatement en hurlant "Attoooolllll! Les opticiens!!!"
Je te lui enfournerais ses carreaux quelque part vite fait, c'est sûr...
Vite!!! Une douche brûlante, un verre de rouge et un câââââlin de mon z'amour...
Sauf si mon z'amour est dans le même état.
Après tout, elle aussi prend le métro.