Après Edith Piaf, une môme à la peau trop pâle dans une roble très noire...
Voici Corrine Bailey rae, une môme à la peau foncée dans une robe très blanche.
C'est ce que je me suis dit, hier soir, devant la scène du Grand Rex, en regardant ce p'tit bout de nana ensorceler tout un public dès les premières mesures.
Rigolo...elle est pas grande, elle est toute fine, tellement fine que t'aurais presque peur de la casser en deux si tu lui faisais un câlin...on dirait une ado, elle sait pas quoi faire de ses bras, de ses jambes...quand elle se déplace, elle a autant de grâce qu'un héron, j'vous jure...mais par contre, dès qu'elle ouvre la bouche, wahhhhhh!!! Il en sort un truc difficile à décrire, comme du velours liquide, comme de la soie, comme un tapis de billard bien vert sur lequel elle ferait rouler ses chansons comme autant de boules bien brillantes.
Bon, faut aimer ce genre de musique, bien sûr...on est pas dans un concert de Rock, ici y'a pas de fosse, tout le monde est sagement assis, à peine si quelques-uns balancent la tête en rythme...C'est très sage, comme ambiance. Mais tu voudrais quoi, oh? Te faire un pogo d'la mort sur un fond musical qui emprunte à Billie Holiday comme à Massive Attack?
"Like a star", ouais, tout le monde la connait, c'est "the" tube du premier album...moi, elle m'a surtout épatée en reprenant du Hendrix et du gospel "classique" aussi. C'est magique, ça tient chaud, on voit la vie en pourpre (après la vie en rose, ça tombe finalement assez bien).
Et à la fin du show, la voilà qui repart, toujours aussi maladroite, comme une sauterelle un peu désarticulée, touchante, quoi.
C'est marrant, ces "mômes " qui sont d'immenses chanteuses et de grandes dames, la Piaf, la Bailey Rae (et y'en a d'autres, je pense à Pauline Croze), ce qu'elles arrivent à sortir de si petits coffres, moi ça m'épate.

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