Reviens, Léon...

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Jeudi 15 novembre 2007

 

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Jeudi 26 avril 2007

Un numéro de "Géo" consacré à Cuba, ce mois-ci...

Je l'ai trouvé en rentrant à la maison (merci mon z'amour!) et je le dévore en ce moment même.
J'me sens quand même un peu concernée.

C'est marrant, de me dire qu'en regardant les belles photos du Malecon, de la Rampa, des rues de de la habana vieja, je regarde des endroits familiers et pourtant complètement étrangers...

Mais keski s'passe?
Quel est cet univers parallèle? Allô, Mulder???

Il s'est passé quoi, entre 1978 et 2007?

Pas mal d'années. Plusieurs révolutions. Une Perestroïka. Quelques guerres exotiques. Des élections à la pelle. La mort du punk et  la naissance de la techno (j'aurais préféré le contraire, mais bon...). Le SIDA, le Mur de Berlin, Club Dorothée et la Coupe du Monde de foot.

C'est tout ça, qui me rend étrangère au pays où je suis née?

Ben faut croire...

On ne peut décidément pas grandir au pays de Voltaire, d'Albator, de "Touche pas à mon pote", de la baguette, des grèves, des Mister Freeze, de Zidane, de Gainsbourg, de Michel Polak (Ahhh, "Droit de réponse", ça c'était de la téloche!)...sans en être durablement affecté. Définitivement, même.

D'ailleurs, à nos politichiens qui se disputent le thème de "l'identité nationale", il faudrait conseiller une tournée des popotes chez les enfants d'immigrés, les deuxième ou troisième génération. Ils en seraient sans doute édifiés, nos énarques, nos débiles supérieurs.

Alors ouais, en lisant ce que je sais déjà sur les problèmes politiques, économiques et sociaux de mon île, je me sens davantage dans la peau d'une française "100 % pur beurre" que dans celle de l'insulaire en diaspora. Je constate. Je compatis. Je comprends. Je con...plein de trucs. Mais avec ce recul qui me fait mal, cette prise de distance qui me démontre, à mon corps défendant, que je ne suis plus de là-bas, que je ne le serai plus jamais, que le
reggaeton qui pulse à La Havane ne sera jamais ma musique (j'en suis restée à Los Van Van, Aragon, les vieux de la vieille...), que la santeria ne sera jamais vraiment ma religion (désolée, papa, pourtant on en a égorgé ensemble, des poulets!), que la cubanité  est un concept qui m'échappera toujours.

Ou bien reste-t-il un léger espoir?

Peut-être que, comme le chante le groupe Orishas, La Havane est partout, qu'on la porte avec soi aux quatre coins du monde.
Peut-être que le simple fait de reconnaître l'accent cubain dans la rue, et d'en avoir les poils qui se hérissent d'émotion, est en soi un signe de "cubanité"?
Peut-être que d'imaginer mon vieux, assis dans son fauteuil à bascule, en train de ruminer ses échecs et ceux de sa révolution, est déjà un signe d'intérêt identitaire?
Peut-être que de nourrir mes orishas, en plein Paris, de leur filer du rhum de temps en temps (eh papa, tu sais que les orishas bouffent vachement mieux en France qu'à Cuba?), peut-être que ça aussi, c'est un symptôme "identitaire"?

Pfffffffff.......
C'est dur, d'avoir le cul entre deux chaises.
On est toujours mal assis, et on risque en permanence de se casser la gueule.

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