Reviens, Léon...

back.gif
Lundi 17 mars 2008


Cher lecteur, chère lectrice,

A Pekin, au moment des Jeux Olympiques, j'aimerais bien que tu aies une pensée émue pour les chaussures de tous les pays.

Car moi, je suis scandalisée.

Les Puma, les Nike, les Adidas, bref, le top de la godasse de sport, qui envelopperont les panards de nos merveilleux athlètes sur le sable des stades chinois, ces fleurons de la technologie du pied, ces ambassadeurs de l'Occident qui gagne, de l'Occident qui avance, de l'Occident qui transpire mais ne pue pas, eh bien ces milliers de paires de chaussures, elles vont être honteusement sacrifiées.

Oui.

Sacrifiées.

Sur l'autel du bizness, des gros contrats, de l'argent roi et de la realpolitik.

Souviens-toi, déjà, pendant la coupe du monde de foot, en Argentine, on avait méprisé la chaussure, elle avait subi un triste sort dans l'indifférence générale.
Car pendant que des équipes de débiles mentaux courraient après un ballon  avec le frénétique enthousiasme d'un berger allemand pour un cul mal savonné, des dizaines de chaussures à crampons se voyaient obligées, au nom du sport, de se vautrer littéralement dans le sang des opposants politiques Argentins  auxquels on coupait les couilles, à dix mètres du stade. Oui, dans le sang, qui ruisselait malencontreusement par litres entiers hors des geôles de l'Etat et se répandait ignoblement sur les pelouses, noyant par la même occasion les valeureuses pompes de cuir qui n'avaient absolument aucun moyen d'en réchapper.

Eh bien rebelote en 2008, décidément le monde n'a rien appris.

On s'apprête à reproduire la même boucherie chaussuriphobe, on est sur le point de plonger non pas des dizaines, non pas des centaines, mais des milliers de godasses innocentes dans des hectolitres de sang chinois et tibétain, et faut-il te rappeler que le sang chinois se lave très mal, qu'il  laisse de vilaines traces roses et que de toute façon, après ça, la chaussure est irrémédiablement foutue?

Alors fais comme moi.

Pour les J.O de Pékin, exige que les tortures, exécutions, écrasements par tank, arrachages de testicules, décapitations et éviscérations de tibétains aient lieu à distance de sécurité des stades, afin que nos athlètes ne défilent pas les pieds dans le sang.

Au nom du salut de la chaussure de sport.

Merci.




pekin2008.jpg
publié dans : Monde de merde
ajouter un commentaire commentaires (18)    créer un trackback recommander
Lundi 17 mars 2008



37,2°C: Ma température rectale ce matin.
Baromètre de mon humeur.


Ce matin, je me sens carrément bien.

Oui, ce matin, si j'étais encartée à l'UMP ou au FN, j'aurais envie de goûter aux plaisirs simples du con, du vrai con, de celui qui, immergé jusqu'aux couilles dans sa connerie et aveugle à tout le reste, est capable d'éprouver une béatitude absolue en se contentant de petits bonheurs modestes, très chasse, très pêche.

Ce matin, je pourrais chanter  "Viens boire un p'tit coup à la maison" en regardant Cauet sur TF1.
Ce matin, je pourrais ouvrir un bouquin de Sullitzer et trouver ça vraiment bon.
Ce matin, je pourrais écouter un disque de Michel Sardou et y prendre du plaisir.
Ce matin, je pourrais tourner les cases de la Roue de la Fortune en hurlant comme une hystérique.

Mais bon, malheureusement, moi j'exprime ma joie de façon un peu différente, je ne frétillerai donc pas de la queue en écoutant Jean Pierre-Pernault m'expliquer que la gauche a, d'un certain point de vue, perdu les élections municipales et que le complot bolchévique et islamiste est à nos portes si on ne fait rien pour freiner la délinquance des sauvages de banlieue qui violent des vieilles dames et volent les sacs des caniches.

Non, moi, ce matin, si j'avais pas eu un peu la gerbe (rapport aux hormones que je m'injecte, ça détraque mon système digestif mais sans elles, je serais incapable de râler 24 heures sur 24), eh ben je me serais fait un p'tit dej' au champagne en écoutant "Another one bites the dust" de Queen et en dansant un swing endiablé avec mon con de chat dans le salon.

Pourquoi cette joie soudaine et presque pathologique?

D'abord, et avant tou, parce que cette fois c'est sûr, Betrand le Levraoueger est bien mon frangin, pas d'erreur (relisez le post précédent pour vous en convaincre, si vous croyez qu'on a rien foutu ce week-end, eh ben si, on a passé deux jours entiers à fouiller dans les archives des Raëliens, des fans de Michel Fugain et des vendeurs de LSD exilés en France depuis Woodstock).

Au passage, et pour clore définitivement le débat, la preuve irréfutable de notre lien familial tient en quelques mots:
Bertrand et moi avons joué à "Kane et Lynch, Dead Men" samedi soir, et ce petit con n'a pas voulu lâcher sa manette avant trois heures du matin. Grâce à mes conseils avisés, prodigués avec le calme et la patience qu'on me connaît ("Putain, naan, faut que t'appuies sur R2 pour tirer, R1 c'est pour les grenades, bordel!"), notre tandem de psychopathes a atteint le niveau 8 de ce jeu hautement intellectuel, dans lequel le mot le plus fréquemment utilisé est "putain" et la forme de dialogue la plus prisée se tient à coup de fusils d'assaut dans ta gueule.

CQFD.

L'autre cause de ma joie matinale débordante et incontrôlable, ça n'est pas tant la victoire du PS aux municipales (franchement, gagner sans rien branler, c'est pas la gloire) que la défaite de Rama Yade à Colombes.

Ah ça, ouais, ça me fait bicher.
Parce que chacun sait que j'adore Rama yade.

En même temps, ça lui donne évidemment une bonne excuse pour ne pas ouvrir sa gueule de Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme sur le Tibet.

- Attendez, je viens de me prendre une branlée, j'ai les boules, je vais pas m'exprimer maintenant sur une poignée de niakoués coiffés comme Monsieur Propre et mal habillés qui se font un peu malmener dans un coin du monde dont tout le monde se contrefout, non plus, hein!

Quant à Rachida Dati, même si elle a été élue dans le 7e arrondissement à Paris (un quartier d'exclus particulièrement difficile, où tout le monde n'a pas les moyens de se payer une Porsche et où certains doivent parfois se contenter d'une Jaguar), faudrait pas qu'elle oublie cette phrase prononcée il y a quelques semaines par un UMPiste dont j'ai oublié le nom (à moins qu'il n'ait préféré garder l'anonymat):

- Pour le 7e, on est pas inquiets. Là-bas, même un âne serait élu, du moment qu'il a l'étiquette de l'UMP.

Ceci explique sans doute cela?

Ce matin, je vais bien.





publié dans : Mon moi personnel, profond, du dedans
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander

Texte Libre

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus