Reviens, Léon...

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Mercredi 13 juin 2007

Juste un p'tit coup de gueule, ce matin. 
Ben ouais, que serait ce blog sans coups de gueule?

Entendu à la radio: Arno Klarsfeld en bonne position pour devenir député, vu qu'il devance son adversaire dans le 12e arrondissement de Paris (j'sais plus quelle circonsciption, mais on s'en préoccupe autant que des chaussettes sales de Jean-Pierre Pernault)

Quelque part, je m'en fous, qu'un playboy un peu attardé soit élu ou pas à l'Assemblée Nationale.
Des playboys, y'en a d'autres, certains sont même très haut placés (voir notre ministre des Affaires Etrangères, qui me rappelle un peu Robert Redford, l'acteur sexagénaire qui n'accepte que des rôles de jeune premier même s'il ressemble au grand-père de Brad Pitt).

Non, ce qui me met mal à l'aise, c'est que le bonhomme ait la double nationalité, française et israëlienne.

On a un peu taquiné Rachida Dati (c'est peu dire) sur sa supposée nationalité marocaine (Le Pen lui hurlant à la gueule qu'elle devait choisir, le courrier des lecteurs de Libé et du Monde abondant largement dans ce sens), mais quid de notre garde-frontière Israëlien? 

Le mec a fait son service militaire dans le Magav, quand même...grosse mitraillette en bandoulière, treillis, il expliquait aux caméras qu'il avait besoin, avant tout, de se sentir utile à Israël.

Et c'est son droit le plus strict. Vu qu'il est citoyen israëlien.

Moi, je pense qu'Arno a le droit d'être heureux. Comme tout le monde.

Et c'est pas dans le 12e, à Paris, qu'il le sera.

Je l'imagine, un brin nostalgique, voire déprimé, arpentant les rues frontalières de sa circonscription, flingue à la ceinture...camouflage au bois de Vincennes, des fois que des terroristes voudraient s'infiltrer...Arno en uniforme kaki, rampant comme le digne héritier de Rambo, à travers les buissons du Bois, talkie-walkie grésillant, les yeux plissés tel un Clint Eastwood urbain...

Qui arrêter? Qui contrôler? Les canards du lac? C'est sûr qu'ils n'ont pas de papiers en règle...mais va savoir, si Arno parvenait à stopper une infiltration de canards bulgares, qui nous dit que la SPA (ces gauchistes de merde, qui n'ont rien compris au problème de l'immigration clandestine des palmipèdes) ne lui foutrait pas des bâtons dans les roues?

Vers qui pointer héroïquement son fusil mitrailleur? Les péripathéticiennes qui, depuis longtemps, trainent leur misère dans les allées du Bois? Pas sûr que les administrés d'Arno lui en soient reconnaissants, après tout ce sont eux, aussi, qui font marcher le buisness nocturne (une petite pipe après le boulot, avant de retrouver Bobonne et les gosses, c'est pas cher et ça fait du bien)...

Je propose donc qu'Arno aille se présenter à la Knesset, sous l'étiquette de son choix (j'le vois bien au Likoud, je sais pas pourquoi). Là-bas, au moins, une fois élu, il pourra continuer à se sentir utile en se déguisant régulièrement en barbouze, en surveillant les frontières, en défendant les intérêts de ses électeurs. Et il pourra même jouer à la guerre grandeur nature, pendant la prochaine attaque sur le Liban. Histoire de se sentir, larme à l'oeil et main sur le coeur, presque aussi grand et digne que Georges Bush (son modèle, il parait).

Il faut sauver le soldat Klarsfeld. Avant qu'il ne termine sous Prozac.

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Lundi 4 juin 2007

L'origine de l'expression "aller se faire voir chez les Grecs"?
Facile.

anti_bug_fckRentrer dans une cour d'immeuble. 

Suivre la petite allée bordée de plantes un peu bordéliques.

Atteindre une allée un peu plus large, avec de chaque côté des bâtiments qu'on appelle pompeusement "ateliers d'artistes" (quand j'étais gosse, je disais que je voulais être une "artissssssss"). 

Voir, sous un arbre tout vert, tout feuillu, une table bancale.

Autour de la table, que des nains pas connus. Oups. Se sentir un peu embarrassée, comme une étrangère qui débarque dans une réunion de famille. En plus, ça parle une drôle de langue à laquelle on ne comprend rien. Et puis ils ont tout l'air de se connaître depuis la Préhistoire...en même temps, il se dégage une telle chaleur humaine de ce petit troupeau, qu'on est attiré malgré soi...

Apercevoir LA Grecque, la seule qu'on connaît (un peu) et qui vous accueille avec le sourire (putain de sourire, pas fabriqué, pas made in China).

Se poser après s'être présentée (et oublier tout aussi rapidement les prénoms des uns et des autres, t'en fais pas, ça fait partie de l'expérience, cocotte).

Se faire servir une petite vodka bien frappée (non, j'aime pas l'Ouzo)

Entrer, tout doucement, à pas de loup, dans la conversation. Humblement, histoire de ne pas déranger, au début. S'habituer aux phrases commencées en français et terminées en grec (sacré mélange, en plus y'a une sorte de "th" anglais dans tout ça, exotique à souhait, j'vous dis!). Laisser couler les mots (et la vodka), sentir ses zygomatiques qui commencent à se contracter, pendant que les épaules, elles, se décontractent.

Se servir une autre vodka. 

Et une autre encore.

Se marrer, même si on ne sait plus trop pourquoi on se marre (en fait, on se marre depuis dix minutes, tiens, on ne s'en était pas rendu compte).

Dévorer les pizzas que Domino nous livre (merci, Domino, et au fait je savais pas que tu étais Black et que tu faisais de la mobylette)

Faire péter le champagne. Chanter "Joyeux anniversaire" à une meuf qu'on ne connait ni d'Eve, ni d'Adam. S'en foutre (de ne pas la connaître) et écouter la même chanson, version grecque (ouhhh p'tain!). Se dire, encore une fois, qu'il règne une chaleur z'humaine bien agréable dans cette courette parisienne.

Regarder la nuit tomber, sans avoir froid. Voir les fenêtres s'éclairer dans les étages. Rester là, à siroter le champagne (on commence à être paf, l'emmerdeuse? Ben oui). Féliciter la grecque (LA grecque) pour ses gâteaux "faits maison" (tu devrais ouvrir une pâtisserie, t'aurais du succès et ça t'éviterait d'éponger les névroses des autres...)

Finir la soirée en écoutant des vieux tubes (depuis quand j'avais pas entendu "Ya ya" de Lee Dorsey???)

Rentrer chez soi en essayant de marcher droit ("chuis pas bourrée, chuis pas bourrée, chuis pas bourrée") et en se disant que, décidément, c'était chouette.

Expérience enrichissante, qui en plus d'expliquer dans le texte l'un des fleurons de l'expression populaire francophone, vous permet de passer un moment...disons...athénien.

anti_bug_fck

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