Bon, pour en finir avec ces histoires de repentance... (et après on zappe, parce qu'on va pas y passer le réveillon)
D'abord, j'aime pas ce mot. Il a une vieille consonnance bondieusarde qui me hérisse le poil. D'ailleurs c'est un terme biblique, et ça me gonfle.
Mais passons.
Franchement, est-ce qu'un pays doit faire acte de "repentance" pour des crimes contre l'humanité commis dans le passé? Doit-il s'en excuser? Les générations actuelles doivent-elles demander
pardon pour ce que leurs ancêtres ont fait?
Dois-je exiger des jeunes Allemands d'aujourd'hui qu'ils me demandent pardon pour la Shoah?
Dois-je exiger des "Blancs" (putain, ça veut rien dire...) de France, d'Angleterre, d'Espagne, du Portugal, qu'ils s'excusent pour l'esclavage?
Reconnaître les crimes passés de l'Histoire de son pays, c'est une chose, et j'ai beau ne pas blairer Chirac, je trouve qu'il a eu des couilles quand il a clairement reconnu la responsabilité de
l'Etat Français dans la déportation des Juifs. S'en est-il excusé? A-t-il demandé pardon? Non, il a simplement énoncé les faits et affirmé la faute. Le crime. C'est tout ce qu'on lui demandait,
enfin je pense. Et puis, l'un dans l'autre, on a jugé ce fils de p.... de Papon, même si on a laissé filer pas mal d'autres collabos.
L'esclavage, dont on célébrait l'abolition hier, c'est pareil: Commémorer, oui. Se souvenir. Reconnaître le crime. L'enseigner. Sans relâche. Bien sûr. Et s'il restait des coupables encore en vie
(imagine, les momies!), on serait en droit de les juger, les négriers, les gouverneurs, les têtes couronnées, que sais-je encore...Y'a pas prescription, on est bien d'accord.
Mais s'en excuser, deux siècles plus tard? Je comprends pas bien...demander aux générations de l'an 2000 de se sentir coupables? Coupables de quoi?
A quoi ça sert, les excuses? Sans déconner, le fait de reconnaître offciellement le crime, c'est pas moralement plus satisfaisant? Le fait de le dire, haut et fort, et d'encourager les
générations actuelles à ne pas l'oublier? Parce qu'à force de demander pardon, on laisse les gens dans une situation de victimes perpétuelles, vous imaginez comme ça doit être lourd à porter???
J'ai pas envie de passer ma vie à n'être qu'une descendante d'esclaves et de déportés, moi, j'ai autre chose à faire, à vivre et à ressentir!
La culpabilité est ailleurs...elle est, par exemple, dans l'absence d'aide concrète au développement des pays du "Tiers Monde". Et là oui, c'est du concret, les mecs. Soutenir des régimes de
merde et des dictateurs, c'est concret. Laisser les grands labos pharmaceutiques faire la loi et ne pas soutenir la Thaïlande ou le Brésil quand ils lancent des trithérapies génériques, c'est
concret. Mettre un sparadrap là où on aurait besoin d'une chirurgie de pointe, c'est concret. Et puis, plus près de chez nous, y'a qu'à regarder autour de soi...les SDF, les gens qui ne peuvent
pas se soigner correctement, les mômes qui ne vont pas à l'école...ouais, c'est concret aussi. Y'a faute, non? Un peu partout, y'a faute...
Et ça ne demande pas des excuses mais des actions. Des actes. Des investissements. Des politiques nouvelles. (j'y crois pas...on croirait entendre Arlette!)
Bon, j'ai pondu mon p'tit caca nerveux du vendredi matin.
J'me sens mieux.
Je peux reprendre une activité normale et éteindre mon ordinateur.




