L'emmerdeuse se casse en week-end!
Bises à tous les emmerdeurs, à toutes les emmerdeuses.
Retour sur le blog: Mardi.
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Bon, j'avoue que j'ai regardé "La surprise", gentil petit téléfilm, hier soir sur France 2.
Rien de neuf sous le soleil, une histoire d'amour entre nanas compliquée par la différence d'âge, le divorce imminent et le statut de mère de l'une, le passé sentimental tragique de l'autre...On a vu mieux, bien mieux, évidemment. Mais c'était honnêtement raconté, pas filmé avec les pieds, et pas trop mal joué. Et puis carrément très clair dans l'évocation du sujet de l'homosexualité.
Ce qui m'a amenée, ce matin, à repenser à tous ces films enfermés dans le "placard de celluloïd" (The celluloïd closet, excellent documentaire yankee sur la question).
Pas plus tard qu'il y a quelques jours, Arte a eu la bonne idée de nous diffuser "Beignets de tomates vertes", un excellent petit film tiré du non moins excellent petit livre de Fannie Flagg.
Chronique de la vie dans un p'tit bled du Sud des Etats-Unis dans les années trente, Ku Klux Klan, racisme, crise économique...Ouais, ouais, c'est tout ça, "Beignets de tomates vertes", une description tendre et savoureuse de l'époque, du contexte, des gens...une galerie de personnages attachants...
Mais bon, ce qui est au centre du film, c'est la relation entre Idgie et Ruth, ces deux femmes qui vont ouvrir un café et cuisiner les fameux beignets...le spectateur passe plus de temps à se poser des questions sur la nature de leur relation qu'à se plonger dans les multiples petites intrigues qui s'entrecroisent au fil du récit.
Elles sont quoi? Amies pour la vie? Amantes? Ames soeurs? Tout ça à la fois?
Le film n'a pas le courage de nous dire ce que le livre expose sans ambiguité: qu'elles sont amoureuses, qu'elles s'aiment, qu'elles vont élever le gosse de Ruth ensemble et que la population du bled, bien qu'intriguée, fera toujours preuve de bienveillance et de tolérance. Dans le bouquin, une fois ce fait énoncé, hop! terminé, on passe à la suite, à ces fameuses intrigues secondaires (qui est Railroad Bill? Qui a tué Frank Bennet? Idgie finira-t-elle en taule, ou bien le révérend filou l'aidera-t-il à se dédouaner...?)
Peu importe, le film reste un vrai régal d'humour, de tendresse et on verse même une ch'tite larme de temps en temps.
La question que je me suis posée, ce matin (quelle longue digression pour en arriver là!), c'est plutôt:
Pourquoi une relation homosexuelle entre deux personnages, dans un film, doit-elle être soit au centre même de l'intrigue (Le secret de Brokeback mountain, When night is falling, Two girls in love...), soit évoquée du bout des lèvres, voire à peine suggérée (Beignets de tomates vertes, ...) ?
A quand un film qui n'en fera ni tout un plat, ni un secret un peu honteux? Un film qui placerait une intrigue lambda au centre des préoccupations du spectateur, et qui mettrait en scène, de façon presque anecdotique, l'homosexualité de tel ou tel personnage?
Y'a bien eu "Bound", des frères Wachowksi (bien avant "Matrix", les frangins), qui nous rejouait le tiercé gagnant "le mafieux - la poulette- le taulard" autour d'un million de dollars en cash...sauf que le taulard était une taularde. Classique, bien ficelé, on s'intéressait bien plus au fric,et aux rapaces qui tournaient autour, qu'à la relation somme toute banale entre la poulette et l'ex-taularde.
Ben c'est ça que je voudrais voir au cinoche plus souvent, moi...un thriller, un polar, un film d'aventures, un film d'horreur, peu importe, un FILM, dans lequel j'aurais pas l'impression qu'on me colle le nez dessus, genre "Eh! Attention, regarde bien, ceci est un film lesbien!", ou bien "eh! Attention, ils sont gays, mais on ne te le dit surtout pas!".
Un film, quoi.