Jeudi 31 janvier 2008
Ce qui est bien, avec le champagne, c'est que lendemain, j'ai jamais la gueule de bois.
Ce qui n'est pas le cas du rhum ou de la vodka, par exemple.
Je suppose que ça signifie que je suis génétiquement prédisposée à me bourrer la gueule au Moët et Chandon, ce qui fait de moi une bourge de naissance.
Ce matin, mis à part le fait que mes rots étaient particulièrement luxueux (oui, c'est mieux de roter du champ' que de la Villageoise), je ne présentais aucun symptôme de biture. Ma meuf rajouterait perversement: "Encore heureux, après deux malheureuses coupes". Ce à quoi je répliquerais: "Et alors, c'est pas la quantité qui compte mais la qualité, et au fait, t'as rangé tes trois paires de godasses qui trainent dans le salon depuis une semaine?".
En parlant de ma meuf, c'est à cause d'elle que j'ai picolé (mais de toute façon, n'est-ce pas toujours à cause d'une femme qu'on se met à boire?).
Figurez-vous que le troupeau des fonctionnaires, dont elle fait partie, et qui se compose en grande partie de braves moutons innocents, s'auto-régule périodiquement en adoptant diverses stratégies: Départs en retraite à cinquante piges, mutations compréhensives (pour les profs pédophiles, par exemple) et, de temps en temps: Promotion interne.
La fonction publique adore les concours, c'est bien connu, y'a un concours pour chaque profession (celui des infirmières, je m'en souviens encore, est le plus grand rassemblement de jeunes filles de l'hexagone, et on se sent un peu comme une boulimique enfermée dans une pâtisserie).
Parfois, donc, le troupeau doit se doter de nouveaux bergers (les cadres "intermédiaires") et aussi de nouveaux loups (les énarques, cadres "très très sup" et très très cons) qui seront chargés de les orienter dans la bonne direction (les cadres) et éventuellement de les bouffer tout crus avant de retourner jouer au golf (les énarques).
Or donc, ma keupine à moi, qui était déjà cadre "intermédiaire" (ça veut dire qu'elle a pas fait l'ENA, Dieu la bénisse), a décidé de tenter ce qu'elle et ses potes appellent le Principalat, qui est un concours pour les Attachés (oui, ma keupine est Attachée, ce qui m'a longtemps laissé supposer qu'elle était branchée sado-masochisme) et qui, si on gagne, permet de remporter le gros lot: le titre d'Attaché Principal (non, ça ne veut pas dire "grosse salope en chef tout de cuir vêtue et fouet à la main").
Quel intérêt?
Aucun.
Si ce n'est gagner PLUS DE POGNON.
Et moi, qui ne suis qu'une connasse vénale bassement attachée aux valeurs matérielles, quand j'entends PLUS DE POGNON, je ne me tiens plus. De joie, je pisse partout, comme un caniche servile. Je hurle à la lune tel un lévrier afghan en rut. Je bave de bonheur, comme un bouledogue français.
Alors bien sûr, quand j'ai appris que sur les 300 candidats qui avaient passé le fameux oral de la mort, ma mienne à moi avait terminé première...
Non, en fait je m'en tape, qu'elle ait fini première du concours, ça veut juste dire qu'elle est brillante, cultivée et hautement capable. Ou alors, qu'elle a montré ses seins.
Ce qui me met en joie, c'est définitivement cette histoire de PLUS DE POGNON.
Parce que PLUS DE POGNON, ça veut dire que je vais enfin arrêter de bosser.
Finies, les corvées!
Aux chiottes les pauvres!
Je vais enfin pouvoir adhérer à l'UMP et mettre un poster de Sarkozy au-dessus de mon lit!
Ensemble, tout devient possible!
Eh!
Mais revenez!
Je déconnais...




