Reviens, Léon...

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Lundi 14 mai 2007

La question est bateau, bidon, entendue des centaines de fois, envoyée par mail dans le cadre de ces foutus "tests de personnalité"...

Mais j'ai envie d'y répondre, parce qu'en ce moment, je me sens horriblement frustrée.

"Si vous partiez sur une île déserte, quelles sont les trois choses que vous emporteriez avec vous?"

Réponse: Des livres, des livres et des livres.
(J'emmènerais bien aussi ma télé et mon lecteur de DVD, mais où irais-je brancher tout le bazar? A moins d'y ajouter une dynamo et d'emmener avec moi un nain de poche, qui pédalerait comme un fou pendant que je materais "Scarface" sous les cocotiers....)

Des livres, donc. Et je suis justement trèèèèès frustrée parce qu'en ce moment, j'ai pas le temps d'en lire. Ni même l'envie. Fait chier.

C'est marrant, j'ai du mal à me souvenir du moment précis où j'ai commencé à lire. Et pourtant, c'est un moment-clé, charnière, dans ma misérable existence, vu que c'est devenu une addiction, une boulimie, une véritable pathologie. 

Je crois que j'ai commencé, étrangement, par piquer un Agatha Christie à ma grand-mère. Je crois même que c'était "Dix petits nègres", parce que le titre m'a fait peur, je pensais que c'était un bouquin raciste (ouais, bon, un peu d'indulgence, j'avais sept ans...)
Et puis j'ai enchainé avec la Bibliothèque Verte. La Rose, j'ai jamais accroché, Fantômette me faisait l'effet d'une petite pouffiasse au costard ridicule...
Le Club des Cinq (si Claude n'est pas gouine, moi j'suis le pape), les Six Compagnons, et très vite...tadadadada...Les Conquérants de l'Impossible! Ou comment un groupe d'ados (dont un chevalier du Moyen-Age ressuscité et un Indien du Mexique!) voyage dans le temps et vit des aventures pas possibles avec Léonard de Vinci et Trajan, sauve Louis XVII d'une mort affreuse, échappe à des dinosaures affamés...Ouais, c'était carrément rocambolesque. Et aussi délicieux, à lire, qu'une glace au chocolat à déguster. Science-fiction, aventure, le tout servi chaud à l'heure du bain. Ah oui, parce que je dois avouer que mes deux endroits de prédilection, pour bouquiner, ont toujours été le bain et le plummard.

- On va dîner, tu sors du bain?
- Ouais, j'arrive, m'man!
(............)
- Bon, c'est servi! Tu viens?
- Deux minutes, m'man!
(...........)
- Bon, c'est prêt, là! Ras l'bol! Tu viens manger ou quoi???
- Mmmmmmm.......
(..........)
- Bon ben t'as gagné, hein! Le dîner est froid!!!
(Mon bain aussi, mais au moins j'ai fini mon chapitre)

Et que dire de la collection "Castor Poche"? Premières lectures un peu "sérieuses"...Ahhh, les romans de Robert Newton Peck! La dernière chance, surtout, ou comment un ado pourri-gâté et tête à claques (tiens, un peu comme les "meuarf" d'aujourd'hui) se retrouve à cohabiter avec un vieux solitaire dans une cabane perdue en pleine montagne...Petite leçon de survie et d'humanité, je rêvais à l'époque qu'on me donne le même genre de coup de pompe dans l'cul. Faut croire que j'avais besoin d'être un peu secouée dans le cocon...
Et puis tous ces bouquins qui parlaient de chevaux, ma grande passion de l'époque...
Charlie l'impossible (qui m'a vaccinée, pour un temps, de mon envie d'avoir un canasson bien à moi), et les classiques comme L'étalon Noir et Mon amie Flicka...(C'est qu'à l'époque, j'étais pas encore une emmerdeuse patentée et blasée, j'avais encore un coeur, un coeur de petite pisseuse...)
Et l'Attrape-Coeurs, de Sallinger! Et Un sac de billes! Et Malika, de Valérie Valère (encore une emmerdeuse, tiens, qui nous a bien eus en ayant la mauvaise idée de mourir à vingt ans...p'tite conne, va...)
Et puis tant d'autres bouquins, dévorés sous la couette (oui, j'ai dit que l'autre lieu privilégié de mes lectures, c'est le pieu) avec une lampe de poche!

- Tu lis pas sous la couverture, hein?
- Nan, m'man, j'te jure, je dors!
- Alors c'est quoi cette lumière?
- Heu...ben...j'regardais juste si mes seins avaient poussé depuis hier...
- Tu te fous de moi?
(Ben...oui, oui, un peu, quand même...)

Et encore plus tard (merci le "Grand Lycée d'Elite", tu m'as au moins apporté ça), Molière et Voltaire, et mon prof de français, en terminale, me lisant à voix haute un passage de l'Ingénu (moment culte, parce qu'en plus d'y mettre l'intonation, il mimait la scène). Et tous les grands classiques qui m'ont bien fait chier quand je devais en faire une analyse...Vous avez déjà dû vous taper un comm' sur La vie d'Henri Brulard, vous? Ben c'est aussi agréable que de recopier 10 000 fois "j'irai pas cracher sur vos tombes". Et en parlant de Boris Vian , y' a L'Ecume des jours, aussi...et Vipère au poing, tiens, je l'avais z'oublié, sacré Hervé Bazin...

Et Stephen King, qui faisait hurler mes profs quand ils me chopaient en train de lire Carrie ou bien Cujo...

- Mais quelle hérésie! Ce n'est pas de la littérature, ça!
- Ah non? Ben c'est quoi?
- C'est...c'est...(ici, étranglement de rage) C'est d'la merde, voilà!!! Un pseudo-écrivain, anglo-saxon qui plus est, un pâle pisse-copie qui ne fait que du porno!
- Ah bon, vous l'avez déjà lu?
- Jamais de la vie!!!
- Ben c'est peut-être de la merde, m'sieur, mais on doit être un sacré paquet de mouches, vu le nombre d'exemplaires qu'il écoule, ce pornographe...

Eh ben ouais! Rien de tel qu'un petit King, un bon vieux Lovecraft ou un excellent Poe pour lacher les fauves qui trépignent au fond du subconscient! C'est qu'on a tous une cuvette de chiottes mal lavée, quelque part au fond de notre cervelle de bipèdes, et l'une des fonctions de la littérature fantastique, c'est de la récurer de temps en temps. Un genre de Destop littéraire, quoi...Oui, même Le Horla, de Maupassant, parfaitement, môôôssieur!

Mais je parle, je parle, et je me rends compte que l'heure tourne.

Je ferais mieux d'aller continuer mon Douglas Kennedy. Ou bien peut-être Seul dans Berlin, que j'ai pas avancé depuis des lustres? Ah mais merde, j'ai aussi L'immeuble yacoubian sur le feu
...

Quand je vous dis que j'ai pas le temps de lire!!!

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Samedi 12 mai 2007

Et puisque je parle de jouets...

Y'a un film qui m'est subitement revenu en mémoire.

En 1988, un jeune acteur à l'air un peu ahuri tenait le rôle d'un gamin de 12 ans qui, par magie, se réveillait un matin dans la peau d'un homme de 30 ans.

L'acteur s'appelait Tom Hanks, le film c'étair "Big".

 

 

Et moi, j'en ai passé, des nuits, à rêver que je devenais grande, que je me faisais embaucher dans une entreprise de jouets et que j'arrivais, par miracle, à concilier une vie de femme (ce que j'imaginais être une vie de femme) et des envies de gosse. Je m'imaginais, comme le héro, vivant dans un loft de Manhattan entourée de gadgets ultra-modernes (le slime, les premières montres fluo, les robots transformers, bref tous ces trucs qui, aujourd'hui, sont le summum de la ringardise). Et ce qui me plaisait le plus, dans le concept, c'était cette idée d'être payée pour imaginer des nouveaux jouets. Je suppose que, de nos jours, ce genre d'utopie ne fait plus sourire personne...les mômes des années 2000, en tout cas ceux que l'on destine aux classes prépas et aux grandes écoles, sont conditionnés pour rêver, dès leur plus jeune âge, de management, de communication d'entreprise, de journalisme...ou bien du Loft et de la Star Ac', le succès pour les nuls. 

Roôôôh, suis-je cynique?

Le film était signé Penny Marshall, et pour les nostalgiques des années 80, je recommande également "
Jumpin'Jack Flash" (une Whoopi Goldberg survoltée et du hacking
permanenté!)

Et puisque j'évoque les films pour d'jeunes des années 80, que dire de "
War Games", des "Goonies" et de "Génération perdue"? Le premier nous montrait Mathew Broderick en hacker surdoué qui pirate l'ordinateur du Pentagone avec un modem 56 k !!! Le second avait une bande originale chantée par Cyndie Lauper!!! Et le troisième officialisait les débuts au cinoche de Kiefer Sutherland, Monsieur "24h Chrono
"!!!

N'oublions pas que les eighties nous ont offert les musiques les plus pourraves, les fringues les plus atroces, les coiffures les plus ridicules! Prosternons-nous et vénérons tous ces sublimes nanars, versons une petite larme sur le brushing de Sarah Connor et la bagnole de Marty Mac Fly!!!

"I wish I were big"...disait le gosse du film.

Ben, c'est fait.

publié dans : Le potager: pot-aux-films
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