Reviens, Léon...

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Lundi 14 avril 2008

Moi aussi, des fois, je surfe sur le ouaibe au boulot.

Si, si.

Et comme toi, lecteur, j'ai un supérieur hiérarchique qui peut débarquer dans mon bureau à peu près n'importe quand, en coup de vent, pour me demander:

- Qu'est-ce que vous branlez encore, l'emmerdeuse? Vous croyez qu'on vous paie pour exploser les scores du Solitaire de Windows?

Alors, comme tout bon salarié qui se respecte, j'ai trouvé plusieurs petites astuces pour éviter de me faire gauler.

D'abord, toujours laisser un document sérieux ouvert en arrière-plan.
Dans mon cas, c'est mon rapport d'activité statistique (nombre de types porteurs de pathologies lourdes, nombre de types passés par la case "hôpital", nombre de types sous traitement psychiatrique, et tout ça me donne des tableaux très jolis et surtout très professionnels qui font bien sur mon écran).

Ensuite, ne pas oublier de définir la barre des tâches (le truc en bas de l'écran avec les icônes) comme "masquée automatiquement", ce qui te permet d'avoir des onglets Internet ouverts sans que ça se voie trop.
Sauf que des fois, mon chef, qui est une vraie quiche en informatique mais qui adore se prendre pour le petit génie de Wargames, est pris d'une ridicule envie de m'impressionner.

- Attendez, l'emmerdeuse, j'ai mis un super questionnaire sur le serveur, faut que je vous montre ça!
- Ah non...non, non...là, ça va pas être possible.
- Poussez-vous un peu, que je vous épate.
- Mais vous m'épatez, chef, vous m'épatez tous les jours, pas la peine de me montrer votre truc, j'irai regarder dès que j'aurai un moment, vous n'avez pas idée à quel point je suis EPATEE.
- Donnez-moi cette souris...
- Nan...Arrêtez de tirer sur ce câble...
- Donnez-moi cette souris, bordel!
- Va y'avoir un accident...arrêtez...

Et là, bien sûr, c'est le drame, ce gros con bouscule le clavier, tout le bastringue dégringole, les câbles se déconnectent et c'est l'écran noir.

Bon, tout ça pour te dire, lecteur, que les pauses ouaibe au boulot demandent un minimum d'organisation et de discrétion.

Et j'en viens à ma troisième astuce.

Plutôt que d'ouvrir simultanément tous les blogs que tu aimes lire au quotidien, multipliant ainsi par X les risques de te faire choper et copieusement assaisonner, tiens-toi plutôt au courant des nouveaux articles pondus par tes amis grâce au bon vieux principe de la "newsletter".

A quoi ça sert?

Essentiellement à polluer ta boîte de réception avec des messages automatiques du genre "Duduche vient de poster un nouvel article".
Duduche étant l'un des blogueurs dont tu aimes parcourir la prose ("Duduche" peut aussi bien être une sexagénaire qui ne produit que des articles sur ses nouvelles réalisations au tricot, qu'un fan de jeux en lignes qui publie chaque jour ses petits conseils pour éclater tout le monde à Counter Strike).

Quel intérêt?

Quasiment aucun, à part que ça t'épargne justement le danger de parcourir tes blogs favoris au p'tit bonheur la chance, dans l'espoir que Machin ou Truc aura écrit quelque chose de nouveau (Duduche, par exemple: "Comment continuer à gagner sa vie et à avoir une vie sociale et sexuelle quand on est un débile profond qui passe ses journées et ses nuits à jouer en ligne avec d'autres débiles profonds").

Alors, lecteur, moi aussi, j'ai fini par craquer.

J'ai changé d'avis (Par ici,  je t'expliquais pourquoi je ne voulais pas mettre de "news-machin" sur mon blog).

En fin de compte, et dans le seul but (désintéressé, altruiste, généreux, comme tu voudras) de t'épargner des manoeuvres fastidieuses et improductives, je te propose de te tenir au courant de ce que je poste.
Ce qui, en plus, t'évitera de te fader mes conneries deux fois.

Alors comment ça marche?

Voix de Michel-Petit-Truc-En-Bois-Qui-Sert-à-Tenir-Les-Tableaux:
"Eh bien, Jacqueline, c'est d'une simplicité enfantine, si j'ose dire, puisqu'il suffit de laisser son adresse électronique dans la petite case prévue à cet effet, puis de valider en cliquant sur OK".













Voilà.
Le tour est joué.
Tu ne te feras plus chier à revenir sur ce blog pour tomber sur la même merdouille qu'il y a deux jours, tu ne te taperas plus la relecture d'une ancienne loghorrée plumitive, et surtout, surtout...tu participeras activement à une politique rigoureuse de réduction des risques professionnels liés à l'usage intensif (voire abusif) d'Internet sur les lieux de travail.

Elle est pas belle, la vie?


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Samedi 12 avril 2008




Je serais ma femme, je désespérerais.

Je me tirerais une balle.
Je me mettrais la tête dans le four.
Je me petit-suiciderais.

Parce qu'elle est pas gâtée.
Loin s'en faut.

Par exemple.

Quand je prends un bain avec Poupon la Peste.

Ma fille ne peut pas prendre de bain sans déménager deux bons kilos de jouets en plastoque "made in Taïwan", essentiellement des animaux ( de toutes les espèces et de toutes les tailles, à plumes, à poils et à écailles, qui pondent des oeufs ou pas, herbivores ou carnivores, en voie d'extinction ou déjà disparus depuis l'ère de Raymond Barre, comme le Tyrannosaurus Rex).
C'est presque pathologique, comme habitude, je trouve.
Des fois, elle me fait peur. Je t'ai dit que quand elle va aux chiottes, elle se raconte l'intégrale des Contes de Grimm à voix haute? Ouais.
Par contre, elle tire pas la chasse.
Evidemment.

Mais bref!

Je prenais donc un bain, et elle avait réussi à s'incruster en me faisant les yeux de Bambi quand il perd sa mère à cause des vilains chasseurs adhérents de l'UMP et bourrés comme des coings au gros rouge de chez Francis, bar-tabac-PMU de Trouducul-Les-Couilles-à-l'air, dans le Berry.

On était  toutes les deux assises, le cul dans le bain moussant vanille-des-îles, face à face, et ma fille persistait à me percher des grenouilles en caoutchouc sur la tête.

J'aime pas avoir des grenouilles en caoutchouc sur la tête.

Alors je me suis ébrouée bien fort, telle Lassie dans l'épisode où elle sauve le petit Jim des eaux glacées d'un torrent de montagne dans lequel ce petit con était tombé en voulant récupérer la pioche de son père (précisons que sans cette pioche, le père de Jim ne pouvait plus exercer son noble métier de chercheur d'or, ce qui aurait condamné toute la famille à une misère encore plus crasse que celle dans laquelle ils étaient déjà plongés...d'où la chute du jeune drogué dans le torrent, d'où l'intervention héroïque de Lassie...c'est un vrai bonheur, comme tu suis, lecteur, faut vraiment tout te dire, hein!)

Du coup, les grenouilles à deux balles ont effectué un décollage brutal, quittant ma moumoute fraîchement tondue dans un vol plané digne d'un saut à ski à Nagano, pour venir couler à pic dans un grand "plouf"  qui n'était pas sans rappeler le bruit que fait un corps convenablement lesté lorsqu'il touche la surface de la Seine (ou de la Vologne).

Hurlement de ma fille de (presque) quatre ans.

- Bouaaaaaaaaaaaaah! T'as tué les grenouilles!

Moi, un peu interloquée:

- Qu'est-ce que tu racontes? Elles sont retombées dans l'eau, l'eau ça tue pas les grenouilles, les grenouilles vivent dans l'eau!
- Snirf! Oui mais celles-ci, c'étaient encore des bébéééééés! Elles savaient pas encore nageeeeer!
- N'importe quoi! Les grenouilles savent nager dès qu'elles sortent de l'oeuf, eh, patate!
- C'est paaaaas vrai!
- Si c'est vrai!
- Non!
- Si!
- Non!
- Si!
- Non!
- Si!
- Noooooooon!
- Si-HEU!!!
- NOOOOOON!
- Vaaaaaaaaal !

Voilà.

Comment, à plus de trente ans, une mère de famille en appelle à sa gonzesse pour arbitrer un conflit du niveau d'une cour de maternelle, conflit centré sur la question de savoir si les batraciens sont spontanément dotés de la faculté à se mouvoir en milieu aqueux, ou si cette capacité relève plutôt de l'acquis.

Alors, je le dis.

Si j'étais ma femme, je désespérerais.




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