Reviens, Léon...

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Samedi 17 mars 2007

Torch song: "chanson d'amour, dans laquelle le chanteur ou la chanteuse déplore un amour déçu"

Parce qu'avant "Queer as folk" et les autres, y'avait "Torch song trilogy" en 1988...

Parce que tout, absolument tout, y est dit, et parce que j'adooooore Anne Bancroft...

Parce qu'Harvey Fierstein est tellement magnifique dans sa laideur...

Parce que les mères "abu-juives" sont, finalement, universelles...

Et parce que l'amour peut avoir ce putain de goût amer, cette saveur acidulée, ce parfum de regrets, ce côté orageux et même parfois haineux, parce que l'amour entre une mère et son gosse, entre un père et son gosse, reste le mystère le plus impénétrable de cette drôle de vie...




Pour info, à la fin de cette dernière scène, ci-dessous, quand Arnold rassemble autour de lui des apparemment objets anodins, il s'agit:

- De la casquette de son fils adoptif
- Des lunettes de son compagnon actuel, Ed
- Des oranges de sa mère
- De la photo de son grand amour, Alan, assassiné par des homophobes

Bref...des bouts de vie, des traces, des souvenirs, des odeurs, des images, avec lesquels on se berce, on se console, on se rassure...parce qu'en définitive, on a tous un côté "Arnold"...on est tous les enfants de nos parents, les parents de nos enfants, les amants de nos amants, les amis de nos amis, et tout ce bordel vaut bien une "torch song"...

publié dans : Le potager: pot-aux-films
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Jeudi 15 mars 2007

Je viens de lire un post de la miss Pink...au hasard du web, comme ça...

C'est fou, comme le surf sur internet peut vous faire sourire, franchement marrer...ou bien...

Ou bien vous rendre toute chose, limite tristoune, allez hop, la machine à gamberger se met en route, et on peut toujours essayer de passer à autre chose, de zapper, eh ben non, pas possible, faut que ça assimile, faut que ça recycle, et on n'en sera débarrassée qu'après une bonne défécation virtuelle.

Bon, dit comme ça, c'est pas très appétissant..."faire un caca psychique virtuel"...

"De quoi elle cause, l'emmerdeuse, elle vire scato ou quoi???"

Nan...

Elle digère.

Y'a un an, déjà...(putain, un an!)

On se dit qu'on vient de LA rencontrer.
LA fille.
LA meuf.
Celle avec qui on peut se mater "La Nouvelle Star" au enième degré.
Celle avec qui on peut causer de tout, même de ses ombres, du côté obscur de la Force, parce que tout le monde nous prend pour un jedi, mais au fond, on a un faible pour Dark Vador.
Celle avec qui on fait l'amour comme si c'était la première fois, celle qui nous fait dire "y'a pas que le cul, dans la vie...Mais quand même!"
Celle avec qui on improvise des duos de guitare à deux heures du mat', en ingurgitant une dernière mousse, avant d'aller se pieuter, confiante et planante.
Celle avec qui l'on papote de Kafka, de Woody Allen, des Beatles et du sens de la vie.
Celle qui nous fait oublier le cuisant échec d'une relation de neuf ans qui vire à l'eau de boudin et finit dans la cuvette des WC.
Celle qui ramène, à l'occasion d'une balade en solitaire, un p'tit joujou pour Mini-moi, et une boîte à musique pour Maxi-moi (avec la chanson de Mary Poppins...putain, comme elle avait visé juste!)

On se dit que, voilà, ça y est, c'est la fin de la galère...qu'on va reconstruire quelque chose, et tant pis si on tombe dans le cliché du pavillon de banlieue avec la niche du cleb's dans la jardin...parce qu'avec ELLE, rien ne saurait être routinier et banal, pas vrai?

Et puis on se rend compte...qu'il ya ce fantôme dans la maison, ce squelette dans le placard...cette "autre" honnie et toujours adorée...cette "salope" avec qui elle partageait une tarte aux poireaux en rentrant du boulot...cette "pouffe" qu'elle pouvait regarder dormir pendant des heures...

Et on se dit que nous, elle nous regarde pas dormir pendant des heures...elle nous regarde pas dormir du tout, en fait...
Et les soirées se font tendues...on est là, on attend...on attend que "l'autre" pointe son nez invisible, au détour d'une conversation, ou dans l'ombre d'un regard qui se fait soudain lointain...putain de moi, putain de toi...putain d'elle, putain d'ailes que tu me coupes...
Et les week-end qui s'abrègent, parce qu'elle veut "rester un peu seule, ça te dérange pas, hein? T'es sûre?"
Et on répond "oui, oui, sûre, j'comprends", on comprend surtout que c'est mal barré, on veut pas y croire mais on le sent mal...
Et puis le sujet se fait omniprésent, on s'entend dire "je ne suis pas amoureuse, je ne sais pas pourquoi", et on répond "ben, il faut se donner du temps", même si on sait que le temps ne fera rien à l'affaire.
On l'entend dresser la liste (cruelle liste) de nos p'tits défauts, de nos travers quotidiens..."T'es trop effacée, rentre-moi dedans, bordel!"...alors on tente le rentre-dedans, mais on s'entend répliquer que "le coeur n'y est pas"....

Mets ta donne...Méthadone, comme elle disait...On se voit comme un pis-aller, un ersatz....Qui peut lutter contre un putain de fantôme, surtout quand le spectre est, en plus, devenu un idéal innacessible? Pas envie d'être le Subutex de ton ex...comme elle disait.

Et finalement, on s'entend proposer, soi-même, avec un calme qui n'est qu'apparence: "Tu veux qu'on arrête?"
A l'intérieur, c'est Tchernobyl, c'est le tsunami, c'est Armageddon...et pourtant, la voix est posée, le sourire presque vrai, la moue est compréhensive..."Tu veux qu'on arrête?"

Et on le propose plus d'une fois...d'instinct, comme ça, tout en espérant, en priant pour qu'elle refuse.

Et quand elle finit par accepter, elle le fait à sa manière, histoire de s'assurer qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible, histoire de couper le fil, histoire de trancher net:
Elle couche ailleurs...elle couchailleur....drôle de mot...

Et puis elle s'excuse, s'explique, se fâche, elle passe par toute la gamme des émotions, tandis qu'on reste là, vidée comme la coquille d'un Bernard l'Hermite qui aurait décidé de prendre des vacances.

Putain de moi, putain de toi...

Un an, déjà, que j'ai confondu "la lumière d'une étoile avec celle d'un réverbère" (merci Cabrel).

Heureusement que mon Zamour avait une lampe de poche...j'étais tellement dans le noir, que j'aurais même pas entraperçu son soleil.



"Je suis floue"...Pauline Croze
publié dans : Mon moi personnel, profond, du dedans
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