Reviens, Léon...

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Jeudi 10 janvier 2008

Petit voyage dans le temps…
En 1982.

 

1982, l’année où les Français ont obtenu la semaine de 39 heures, la retraite à 60 ans et la cinquième semaine de congés payés (alors qu'en 2008, ils vont perdre la semaine à 35 heures, bosser jusqu'à 70 ans et "travailler plus pour gagner plus").
1982, l’année de naissance du premier bébé-éprouvette (alors qu'en 2008, c'est l'ADN qui fait des progrès stupéfiants).
1982, l’année de sortie d’un obscur petit film de science-fiction appelé « E.T l’extra-terrestre » (alors qu'en 2008, c'est la sortie de Asterix et les gros cons qui va casser la baraque, parce que le box-office a toujours reflété les goûts de chiottes du connard moyen).
1982, la guerre des Malouines (2008: La guerre d'Iran?).
1982, l’année de la suppression définitive du « délit d'homosexualité » du Code pénal (2008, l'année du rajout du "délit que peut-être tu pourrais commettre un jour" dans le Code Pénal).

 
 

Mais tout ça, c’est du pipi de chat, que dalle, des broutilles, parce que 1982, c’est avant tout l’année de sortie d’un film cultissime, un chef d’œuvre du 7e art versant « série Z », une perle de nanar, un énorme navet dans le potager : l’inénarrable « Dar l’invincible », exquis mélange de "Conan le barbare" au rabais et de "Trente millions d'amis".

 

Résumons le script, pour ceux (nombreux) qui n’auraient pas eu la chance de voir cette perle en salles ou en vidéo :

Dans un univers magique et barbare (en gros, une grande carrières désaffectée dans la banlieue de Los Angeles), le bon roi Zed (ça commence bien…) règne sur son peuple (une quarantaine de figurants en peaux de bêtes récupérés sur le tournage de « Conan le Barbare »). Mais son trône est convoité par le méchant sorcier Méax (putain…) qui, profitant du fait que les chambres royales sont décidément très mal gardées, parvient une nuit à introduire une vache (!) auprès de la femme du roi, enceinte, pendant que celle-ci et son noble époux dorment du sommeil du juste. Abracadabra, le futur bébé est transféré par magie dans l’utérus de notre amie ruminante (ce qui explique l'air bovin que le héros aura ensuite tout au long du film).
Ensuite, ça s’enchaîne très vite, le sorcier veut tuer le môme pour lui piquer sa place de roi, mais le José Bové local, qui passait par là, parvient à le sauver et l’élève comme son fils dans un petit village (trois cabanes en carton). Très vite, on apprend que le garçon, appelé « Dar » (ça fait un peu acteur de porno, non ?) peut communiquer avec les animaux. D’ailleurs il fait ami-ami avec un tigre, un aigle et deux charmantes mangoustes (ou bien des furets, je sais plus trop…).

 

Bref, le village de Dar est rasé par une horde de barbares hurlants armés d’épées et de haches en plastique grossier (l’attaque du bled vaut largement les scènes de baston de n’importe quel épisode de « Bioman »).  Ensuite Dar (pardon, je ne peux m’empêcher de rire en écrivant son prénom) part à la recherche des sauvageons, histoire de se venger.
Je passe les détails et la fin de l’histoire, parce que franchement on s’en contrefout royalement, mais j’ai quand même envie d’écrire ce que j’ai retenu de ce film (qui, après tout, a durablement marqué mon enfance et mon imaginaire).

- La façon dont Dar appelle son aigle : un cri unique en son genre, une sorte de « Gérrrrrard » strident qui déclencherait un fou-rire chez n’importe qui, même un ancien parachutiste quinquagénaire membre du FN.

 

- L’aigle en question est capable de soulever dans les airs une fillette de cinq ans qui fait, en gros, dix fois son poids. Alors soit le rapace est dopé, soit le film est truqué.

 

- Les furets sont irrépressiblement cleptomanes, donc ne jamais laisser traîner ses pièces d’or, son épée ou sa boîte de Tampax à proximité.

 

- Marc Singer (Oui, oui, le héros de la série « V ») peut parcourir des centaines de kilomètres à petites foulées, sans qu’un goutte de sueur ne s’échappe de son corps parfaitement huilé et sans que son brushing ne se déplace d’un millimètre. Il a dû prendre des leçons avec Sarkozy.

 

-On peut réaliser un film qui se prend au sérieux et avoir le courage (et même les couilles) d’appeler la fiancée du héros « Kiri ».

 

- Pour fabriquer un « Garde de la Mort », il suffit de torturer un pauvre mec, puis de lui incruster des trucs sado-maso sous la peau (cuir et pointes d’acier) et enfin, de lui introduire une limace dans l’oreille (d’ailleurs j’ai jamais compris cette dernière étape…)

 
Alors évidemment, certains esprits chagrins me feront remarquer que ce genre de grosse merde cinématographique, ça ne mérite pas un post mais plutôt un compost, que j'ai décidément des goûts plus que douteux, qu'heureusement que le cinéma Z est mort et enterré, que putain les Ricains font vraiment de la daube, blablabla.

Et je leur répondrai, avec le tact et la finesse qui me caractérisent:
- D'aller se faire foutre où ils veulent (mais pas sur mon blog, qui est un havre de bienséance)
- De remballer leur discours de petits lecteurs de Télérama basiques pétant plus haut que leur cul (eh non, tout le monde n'aime pas les rétrospectives du cinéma Moldave en V.O non sous-titrée)
- Qu'au moins, les nanars américano-italiens de l'époque me laissent un petit goût de nostalgie, voire une certaine tendresse indulgente, alors que les gros étrons "made in France" comme Taxi, Asterix, Jean Reno à la plage, Christian Clavier est okaaaay, et autres sous-produits de merde qui plaisent tant au franchouillard vissé devant TF1, eh ben ils me font l'effet d'un gros Big Mac dégoulinant de graisse: Ils me donnent la gerbe et sont mauvais pour mes artères.

Allez, un p'tit test pour finir:
Devinez qui est Dar l'Invincible et qui est David Martinon? Je sais, c'est pas évident. Même regard pétillant d'intelligence, même brushing sexy, même sourire veule...

Un indice?
Dar l'Invincible, lui, a des couilles.


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Mardi 8 janvier 2008
Ce que j'aime, avec la France des années 2000, c'est que la fan absolue de films d'horreur et de films de science-fiction que je suis peut, pour la première fois, vivre ses fantasmes cinématographiques en trois dimensions, en couleur et en stéréo.

Y'a pas longtemps, en 2003, je m'étais régalée avec le remake de Soleil Vert, en plein été, quand on avait joué un "Canicule Story" d'excellente qualité (au lieu de transformer les vieux en pastilles vertes à bouffer, on les laissait crever au soleil et se lyophiliser, mais l'idée était fondamentalement la même que dans le film).

Pendant la campagne présidentielle de 2007, c'était Alien Versus Predator entre Sarko et Royal (d'ailleurs, j'arrive toujours  pas à décider qui était l'Alien et qui était le rasta de l'espace...Je dirais Ségolène en Alien, parce que ça rime et puis aussi à cause des dents).

Après les élections, on a assisté à une version bien franchouillarde de Saw (avec tous ces politichiens qui tombaient dans les pièges sadiques tendus par Sarko, Kouchner tombant dans la fosse à purin avec Fadela, Lang se faisant proprement découper après une denière manoeuvre péripatéticienne, les sarkozistes purs et durs passant à la tronçonneuse dans une scène gore d'anthologie, et les Français retenant leur souffle dans un suspens insupportable).

A l'automne, Sarkozy nous a fait Bienvenue à Gattaca en mettant en scène un gouvernement inquiétant, légèrement fascisant, qui expérimentait des tests ADN sur les immigrés (avant, sans doute, de les généraliser aux individus soupçonnés de porter le gène de la pédophilie, du suicide, de l'échec scolaire ou pire, le gène du gauchiste).

Et aujourd'hui, Rachida Dati nous annonce Minority Report, ou comment des criminels qui auront purgé leur peine pourront être condamnés sans jugement à rester enfermés, si on les soupçonne de pouvoir commettre un nouveau crime dans l'avenir.

Putain.

J'adore.

Vivement Les griffes de la nuit, avec Sarko dans le rôle de Freddy Krueger, et les Français dans la peau des ados dont les cauchemars sont hantés par l'immonde croque-mitaine au pull rayé.

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