Reviens, Léon...

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Vendredi 13 avril 2007

J'me souviens, c'était un des premiers tubes de Madona, ça..."Holydays, celebrate...it would be so NICE!"

A l'époque, elle en faisait des caisses dans la provoc' (et encore...de nos jours, elle ferait première de la classe à la Star Ac') et moi, toute môme, je me trémoussais dans les premières boums (ça le faisait aussi avec toutes les  "merdes in France", genre Rose Laurens, Julie Piétri...mais ça, c'était moins fun).

Cette petite digression musicale pour annoncer que, bien entendu, c'est les vacances, et que, comme une grosse glandeuse que je suis, eh ben je SUIS en vacances. Et au lieu de passer mes journées à bloguer, eh ben je vais me pétassiser, me pouffiser, me glisser dans la peau de Paris Hilton (faut que j'en perde, des neurones, bordel...), parce que, tenez-vous bien les aminches, je me casse en....thalasso!!!

A moi, les joies des bains de boue! A moi, les shampooings aux algues qui puent la marée! A moi, les plaisirs des douches au jet glacial! Si c'est pas des vacances, ça! 

La vache...Moi qui ait plutôt l'habitude de me barrer avec un sac à dos cradingue et des Pataugas qui ont fait la guerre...Moi qui connais mieux Bangkok et le Caire que Palavas-les-Flots...en thalasso...en Bretagne...Putain.

Soit j'me fais vieille et je me bobo-ise dangereusement, soit j'ai trèèèès envie de ne rien foutre, de me faire papouiller, massouiller, les doigts de pieds en éventail et la tête sur un nuage.

Comment en suis-je arrivée là, nom de Dieu!!!

Bah...peut-être après une année un chouille trop speed, trop de hurlements, trop de coups de pieds dans mes tibias, trop de gamins en crise beuglant "ARRRGHEUUUGNAAAAK!" dans mes z'oreilles, trop de vaches volantes aperçues au plafond et de monstres du placard attaqués à coups de battes de baseball...

Toujours est-il que je me casse.

Et j'en profite pour remercier tous ceux et toutes celles qui perdent du temps à venir me lire, parfois à me laisser un p'tit commentaire qui rattrape une journée de merde (merci, monsieur Le Corse, tu m'as fait tomber le coeur dans l'estomac, de pur  bonheur). D'ailleurs, le blog n'est pas fermé, si vous n'avez que ça à faire, y'a des tonnes d'archives à la con...si ça peut vous empêcher de lire "Gala" ou "Point de Vue"....ou de mater TF1...ou de vous engueuler avec votre belle-mère...

Allez, les poteaux! A la semaine prochaine, rendez-vous le 22 avril, votez pour qui vous voudrez, mais VOTEZ, bordel.

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Vendredi 13 avril 2007

On devrait écrire noir sur blanc, dans les programmes télé:
"L'abus d'information peut être dangereux pour la santé mentale".

Comme pour les clopes.
Ou le whisky.

Hier soir, je me suis fait une séance "Envoyé spécial", sur France 2.
Entre un reportage parfaitement chiant sur les livres de cuisine (la nouvelle passion des Français, y paraît...putain...) et une plongée alter-bio dans les matériaux de construction non polluants...

Alors comme ça, y'a un mec hyper écolo, qui produit des chaussures de sport sans utiliser de produits dérivés du pétrole. Il insiste bien, le bonhomme, sur l'état de la planète et sa contribution personnelle à la préservation de l'environnement...en plus, conclut le journaliste (sans cynisme aucun), le type fait fabriquer ses godasses en Chine, par des milliers de petites mains industrieuses, pour un salaire de misère. Conclusion de notre reporter: On peut fabriquer "bio" et faire du bénéfice, donc c'est rentable. Ouais, après tout, le fait que des niakoués collent les semelles pour un euro par jour, c'est tellement accessoire...

Bref.

Ensuite, petit voyage en République Dominicaine.
Paradis des touristes. Carte postale idéale. Première destination proposée par les voyagistes français, à prix cassés. Le rêve de tout bon p'tit Blanc, des plages de sable fin, de la musique entraînante et des palmiers partout.

"C'est un vrai paradis, ici", dixit une vioque à l'accent yankee, qui est en train de faire construire sa villa en bord de mer. "Aux Etats-Unis, une bonne coûte plus de 80 dollars par jour! Ici, pour dix fois moins, elle vous fait le ménage, la cuisine, la lessive, le repassage et elle sert à table".

Youpi. Connasse.

Envers du décor.

On suit des clandestins venus d'Haïti. Ceux qui font marcher l'usine à rêve. Ceux qui construisent les hôtels et les luxueuses villas. Pour un salaire de misère. Quand ils sont payés, bien sûr.

Gros plan sur une gamine de neuf ans. Comme tous les enfants de clandestins, elle vit dans un bidonville. Pas d'eau courante. Ni d'électricité. Et comme ses parents n'ont pas de papiers, pas d'école non plus. Alors elle reste au "village", avec les petits. Elle va à la "maternelle" du coin, un semblant d'école payé par une O.N.G. Elle s'emmerde. Elle voudrait apprendre à lire, à écrire.

- Qu'est-ce que tu voudrais faire, plus tard?
- Je voudrais être docteur.
- Et ça te fait quoi, de ne pas pouvoir aller à l'école?
- ça me fait mal.

Voilà. J'arrive en fin de reportage et j'ai des envies de meurtre.

Je suis allée voir Poupon la Peste, qui dormait du sommeil du juste dans son p'tit lit en bois. Entourée de posters de Oui-Oui (ce gnome bêtifiant et mou du genou) et de Dora (pouffiasse débilitante qu'on devrait rebaptiser Roberto).

J'ai regardé mon troll, qui ronflotait à moitié, le pouce dans la bouche. Et j'me suis pris une baffe. En pleine gueule.

C'est fou, comme on peut s'habituer à leur présence. A leur rire. A leur odeur. On s'émerveille un peu moins. Il est loin, le temps où ça poussait dans notre ventre, où on appelait ça "le globule" ou "le p'tit squatteur", sans savoir encore si ce serait une pisseuse ou un pisseur. On s'y fait. Trop. Et puis il suffit d'un reportage sommes toutes assez banal, du visage d'une môme du bout du monde, de son regard quand elle dit qu'elle voudrait "être docteur".

Et tout est remis en question. On se retrouve, en un instant, submergé, littéralement noyé par un tsunami d'amour, un truc violent, brut de décoffrage, un truc presque animal. On regarde son gosse endormi, et on se dit qu'en d'autres temps, d'autres lieux...

En d'autres temps, mon p'tit loupiot, y'a soixante ans...on t'aurait assassinée dans une chambre à gaz, malgré tes trois ans à peine, malgré ton sourire. A cause d'une judéité que tu n'as pas choisie, dont tu ne connais pas le nom, encore moins la signification. Dont tu te fous royalement.
En d'autres temps, ma bouille d'amour, on t'aurait vendue sur un marché aux esclaves, malgré ta peau si claire et tes cheveux presque blonds. Pour ton sang mêlé, pour cette négritude dont tu n'as pas conscience, qui te passe au-dessus de la tête mais qu'on lit dans la forme de ton nez, de ton p'tit cul ("
callipyge", comme aime à le dire ma meuf) et dans ta cambrure africaine.

En d'autres lieux, petit ouistiti, tu serais une pionnière du communisme, comme ta maman, quand elle avait ton âge. T'aurais un bel uniforme, un foulard rouge sang. Tu penserais, respirerais, mangerais et dormirais pour le Parti, pour le Che, pour Fidel. Tu grandirais pour devenir une délatrice professionnelle, ou bien au contraire, tu rêverais de t'enfuir au loin, et pour ça tu serais prête à vendre ton corps à tous ces amoureux du paradis socialiste qui viennent à Cuba pour se reccueillir sur la tombe de Guevara avant de s'envoyer en l'air avec une adolescente dans la chambre d'un palace cinq étoiles.

En d'autres lieux, tu serais condamnée à crever jeune, très jeune, du SIDA, du paludisme, de dysentrie, de faim, de soif, que sais-je encore, dans une favela crasseuse ou un bled d'Afrique...Ou bien tu serais enfermée dans un camp de réfugiés, quelque part entre le Darfour et Gaza, tu t'endormirais au son des roquettes et des AK 47...

Qu'est-ce que j'suis contente, petite pomme, que tu sois dans cette chambre-là, dans cette ville-là, dans ce pays-là, tu peux pas savoir...

Eh! Putain de télé...

Elle me rendrait presque sentimentale.

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