Reviens, Léon...

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Jeudi 14 février 2008

Non, je ne ferai PAS d'article sur la St Valentin, cette monumentale arnaque destinée à vous faire dépenser un max de thunes en un minimum d'heures.

Je vous dis plutôt "hasta la vista".

L'emmerdeuse s'en va faire une orgie de tapas et de Tequila.

A Barcelone.

Elle vous laisse donc trois jours tout seuls, comme des glands grands.
La dernière fois, on se souvient de ce que les habitués ont fait du temps qui leur était alloué: tripot clandestin, murges monumentales et séquestration de félin obèse.

Faites comme chez vous, as usual.

Vous êtes priés de laisser ce blog dans l'état catastrophique dans lequel vous l'avez trouvé en entrant.
Pas d'objectivité, donc.
Ni de premier degré.
Surtout pas.

Les bières sont comme d'hab' au frigo.

Passez le bonjour de ma part  à Françoise de Panafieu, qui a su élever la politique à peu près au niveau de son propre trou de balle. Traiter l'adversaire qui va lui mettre une branlée aux municipales de "tocard", ça a le mérite de montrer à quoi la malheureuse en est réduite en ce moment (je ne saurais trop lui recommander de s'envoyer en l'air ou de péter un coup, au choix, histoire de se détendre...).

See you soon, bon week-end, et toutes ces sortes de choses.


publié dans : Je bourre...lingue
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Mercredi 13 février 2008


Ce qui est bien, avec les stagiaires, c'est que ça coûte rien.

Jeannot, par exemple.
Il est stagiaire "travailleur social" chez nous.
Il bosse autant qu'un salarié, il en prend autant dans la gueule.
Et il est gratuit.

En plus, Jeannot, c'est l'innocence même.
La bonne pâte.
Le mec gentil avec une tête de naze, que même une bonne soeur aurait envie de lui faire une crasse ou de lui coller une beigne gratuite.
Le mec que tous les hébergés du Foyer ont calculé à la minute même où il a mis les pieds dans la salle commune: comme s'il avait "PIGEON" écrit au milieu du front.
Jeannot est vite devenu le fournisseur officiel de nos caïds en clopes, menue monnaie, chewing-gum et appels gratuits depuis un portable Bouygues.

Alors bien sûr, quand on a envie de s'en payer une tranche au boulot, sur qui ça tombe?

Tiens, pas plus tard qu'avant-hier, justement.

On avait un nouveau résident.

Un mec étonnant: dreadlocks, boubou multicolore et une zenitude qui me fait penser que si le chef Sitting Bull avait été Noir sur la célèbre photo, il aurait ressemblé à ça. Jamais un mot plus haut que l'autre. Le calme absolu. Je le soupçonne presque de fumer pétard sur pétard dans sa chambre.

En plus, il a un collier vraiment étonnant: Un truc vachement joli, fait de perles et de coquillages, avec une grande photo au milieu, enchassée dans un rectangle de cuir. Photo un peu floue, ce qui aiguise la curiosité des petits cons que nous sommes.
Les spéculations sont allées bon train dans l'équipe concernant l'identité de la personne qui siège sur le coeur de notre ami (putain c'que je cause bien...).

- C'est Alpha Blondy jeune.
- C'est Bob Marley vieux.
- C'est sa mère.
- C'est Brigitte Bardot déguisée en Sénégalaise.

Finalement, la bonne idée a surgi du cerveau dégénéré, putride et noyé dans le whisky d'Ahmed.

- On va envoyer le stagiaire lui poser la question.

Brillant! Génial! On en était presque à lui baiser les pieds et à lui autoriser une pause-café, à ce con.

L'autre couillon n'a même pas protesté quand on l'a envoyé asticoter notre ami à la cafétéria. Sourire de boy-scout amoureux de son curé, regard  pur comme un cristal de cocaïne tout frais, démarche assurée de l'idiot qui va au casse-pipe et qui ne le saura jamais. Et nous, planqués à quelques mètres de là, faisant mine de discuter du cours des topinambours sur les marchés de l'Aveyron....

- Bonjour monsieur C.
- Salutations, apprenti (oui, il parle comme ça, monsieur C, on dirait le fils de Maître Yoda et de Mori Kanté).
- Un p'tit café?
- J'en ai déjà un, merci (en plus c'est le seul hébergé qui ne profite pas honteusement de notre petit cocu)
- Ah.
- ....
- Heu...
- .....
- Heu, je voulais vous dire....comment dire...enfin, je voulais vous demander...

Bref regard lancé à notre petit groupe: début de détresse, S.O.S oculaire, pathétique prise de conscience qu'on s'est fait piéger comme un bleu-bite. Oeillade glaciale d'Ahmed: "Tu vas jusqu'au bout ou bien t'auras une note de merde à la fin de ton stage".

- Je voulais vous dire, que, heu, enfin...Elle est vachement belle, votre soeur.

Et pour enfoncer le clou, il pointe du doigt la photo du collier (parce que quand il merde, il merde avec aplomb, avec emphase, il merde comme un chef, comme un roi, Jeannot c'est le merdouilleur le plus consciencieux qu'on puisse trouver).

A ce stade, monsieur C. ne le quitte pas des yeux.
A ce stade, monsieur C. est toujours aussi calme.
A ce stade, monsieur C. va prendre la parole.

- Sache, jeune homme, qu'il s'agit de mon guide spirituel, l'un des plus grands marabouts de mon pays, qui est né le même jour que moi.

Et il se lève, très digne, rassemble les pans de son boubou autour de ses jambes, et s'éloigne en faisant claquer ses tongs.

En passant devant nous, il nous glisse:

- Votre apprenti, c'est une vraie tête de con.

Et nous, on est une parfaite bande de salopards.

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