Reviens, Léon...

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Mardi 23 janvier 2007



Je viens de lire dans "Libération" un article qui m'expliquait, à moi l'idiote de base, que Pascal Sevran est un mec formidable, un mec qu'on ne peut qu'aimer, en tout cas un mec qu'on ne peut pas soupçonner d'être raciste vu que:
1. Sa mère était espagnole
2.Il est gay

Ah bon, ben je suis rassurée, puisqu'en effet, on ne peut pas être d'origine espagnole et raciste. Encore moins homo et raciste, ça se saurait! Dites, rassurez-moi, Pim Fortuyn, le militant "nationaliste" néerlandais qui disait des horreurs sur l'Islam et l'immigration, il était pas homo, hein? Si??? Ah ben je ne comprends plus rien...Il faut croire que l'orientation sexuelle n'a rien à voir avec les idées politiques, alors...

Les bras m'en tombent, surtout quand je lis le nom des signataires d'une certaine pétition "Sevran c'est mon pote": Entre Jack Lang et d'autres pipole, je tombe sur...Renaud.

Oui, oui, le Renaud de "Société tu m'auras pas", le Renaud de "Ma banlieue", le Renaud de "Mon beauf"...Ce Renaud-là, celui qui a inspiré mes premières révoltes d'emmerdeuse, celui qui m'a fait porter le bandana rouge, celui qui réchauffait mon coeur d'ado paumée avec ses chansons libertaires, le type qu'on voyait dans les manifs anti-racistes et qui tirait à boulets rouges sur les franchouillards, les anciens paras, les fachos...

Ce Renaud-là, qui vient me dire que Pascal Sevran est un mec bien et que "l'incident est clos". C'est un faux-pas, un dérapage?
C'est de faire la "une" de Match et de Voici, ou de passer chez Drucker, qui nous a changé notre "chanteur énervant"? Il a vraiment arrêté la bibine, ou bien c'était une blague?

En 1985, j'ai chialé comme une môme que j'étais en t'écoutant chanter "Mistral gagnant"...

Aujourd'hui je ris jaune, comme l'adulte que je suis devenue, en te regardant tomber, Mistral perdant.

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Mardi 23 janvier 2007


Ahhh les bons sujets de philo, en classe de terminale!

"Qu'est-ce que le bonheur?"
"Le bonheur selon Epicure"
"Le bonheur comme présomption (Kant)"
" Schopenhauer: le bonheur impossible"

Et Spinoza, Descartes, Freud, et les autres...et nous, pauvres lycéens boutonneux, nous demandant sans oser le formuler à voix haute: "Ok, mais c'est QUOI, le bonheur,en fin de compte?"

Le bonheur...ça pourrait être...

...se réveiller à côté de l'être qu'on aime, et le/la regarder dormir, en jalousant un peu Morphée.


...Sentir sa peau, bien tiède, du velours blanc, un doudou qui respire, des monts et des vallées, un paysage rien que pour soi, dans lequel on se balade sans jamais se lasser, où l'on découvre tous les jours quelque chose de neuf, un détail qui nous avait échappé, une surprise au détour d'une colline de chair.

...Se réveiller ensemble, à deux heures du mat'  et se dire qu'on a une petite faim, piller le frigo sans vergogne et finir les restes des lasagnes sous la couette.

...Lui dire qu'on l'aime et se rendre compte que, sûrement, c'est la première fois qu'on le pense, qu'on le ressent, qu'on le vit aussi fort, qu'avant c'était de la gnognotte, des cacahuètes, peau d'balle, du flanc, que cette fois les deux mots viennent autant des tripes que du larynx.

...Se marrer comme des gamins devant la Playstation, martyriser le joystick en pleurant de rire, et se foutre du fait qu'on a passé la trentaine.

...Rentrer du boulot et pouvoir raconter sa journée en ayant l'impression d'être vraiment écouté.

...Avoir envie de faire le tour du monde, de manger du mafé, des nems, des galettes de manioc, du couscous, des bananes plantain, du steak de requin, des oeufs d'autruche, et de le faire en sa compagnie.

...Avoir envie de lui caresser les cheveux, n'importe quand, n'importe où, et d'enfouir le nez dans son cou pour se saouler avec son parfum, quitte à en faire un coma amoureux, une overdose de plaisir, un trip d'amour qui se terminerait aux urgences.

...S'imaginer dans cinquante ans, ombre d'une ombre, aussi frippé qu'au jour de sa naissance, proche de la fin du voyage, et ne pas flipper, parce qu'on sait que l'autre sera là, ridé comme un noyeau de pêche, vague cousin de Yoda, mais là quand même.

"Le bonheur est un état d'équilibre intérieur, celui de l'âme quand elle ne souhaite rien en dehors de ce qu'elle a."
Cresson

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