Reviens, Léon...

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Mardi 20 mars 2007

Parce que j'espère bien poser mes valises pour de bon, cette fois...
Parce que tout ce qui est arrivé avant appartient au passé, mais que, hé, on a du mal à savoir où on va si on ne sait pas d'où on vient (proverbe Ouzbek, ou bien aborigène, chais plus trop...)

J'ai décidé de dresser un Petit Bilan de mes quinze dernières années de vie sentimentale...


  
Le placard  (Teenage dirtbag)

Période de merde s'il en est.
Adolescence, surpoids et gros boutons. "Personne ne me comprend-heu !"...Attirance déraisonnable pour les films d'horreur, le séchage de cours et les conneries en tous genres. Avec, cerise sur le gâteau, la prise de conscience progressive d'un phénomène qui me dépasse: "Mais pourquoi j'ai pô envie de sortir avec Guillaume?"

- Parce qu'il est moche, me répond Claire.
- Parce qu'il est con, me suggère Sandrine.
- Parce qu'il termine toutes ses phrases par "tu vois?", me propose Charlotte.
- Parce que tu préfères les filles, m'assure Karine.

Ah non, merde! Déjà que j'ai dix kilos de trop et une tronche de hareng oublié trois semaines dans le tonneau...je vais pas, en plus, me taper une sexualité "alternative"!

Non?

Ben si...

Ah merde.

Alors, coups de coeur silencieux pour des copines de classe...amourettes rêvées mais jamais vécues...fantasmes torrides "elle-et-moi-on-se-tient-la-main-sur-la-plage"...qu'est-ce qu'on est con, quand on a treize ans, comme si la première chose qui venait à l'esprit, quand on est amoureuse, c'était de se taper une séance de pêche aux bigorneaux à marée basse.

Pense-bête:

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Le coming-out  (The queerest of the Queer)

Période d'euphorie s'il en est.
Fin de l'adolescence, entrée dans l'âge adulte. Les boutons rentrent sagement à la maison (c'est où, la maison des boutons?) et les kilos en trop se font la malle, préférant se scotcher sur les hanches et les fesses de ma cousine. Acceptation. Jubilation. Et l'emmerdeuse crache le morceau à môman. Qui panique:

- Mais où tu vas rencontrer des filles???

Elle est mignone, maman. Elle reste égale à elle-même en toutes circonstances, du coup elle s'en bat l'oeil, que sa fifille soit lesbienne, tout ce qu'elle veut c'est la voir casée et bien casée, avec une gentille petite nénette propre sur elle (si possible qui vote à gôôôche, si possible pas trop con, si possible pas trop moche...)

Où je vais rencontrer des filles?
Ben, comme tout le monde...
En boîte!

 
Les boîtes (Feel the rythm of the night)

Période de déprime s'il en est.
Bon, ok, je suis pas la seule fille à aimer les filles, en soi c'est plutôt rassurant.
Mais bordel, est-ce que toutes les "inverties" sont dépressives? Portées sur la téquila et la vodka-orange? Instables? Consommatrices de nanas? Changeant de gonzesse comme de chemise? En gros, est-ce que toutes les lesbiennes entre 18 et 25 ans sont des stéréotypes dignes du personnage de Shane dans "L Word"??? Et puisqu'on parle de "L Word", c'est une impression, ou bien toutes les lesbiennes de Paris se connaissent et sont des ex d'ex d'ex???


Pense-bête:

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 L'amûûûûr (Les histoires d'A...)

Période d'illusions s'il en est.
On en prend pour la vie, c'est promis, juré...On va s'aimer, sur une étoile ou sur un oreiller, à la vie, à la mort, le grand kif, l'amour toujours, quoi.

Neuf ans plus tard, on se surprend à regarder l'autre comme si on ne l'avait jamais vraiment connue. Et les potes qui en rajoutent une couche:

- Comment t'as fait pour tenir neuf ans, bordel!
- Non, tu sais, t'as vachement bien fait.
- C'était plus possible, vous n'aviez plus rien en commun...

Et on se doute bien que du côté de notre ex, d'autres potes recyclent les mêmes discours. Tri sélectif. Poubelles du langage. Mais on écoute quand même. Histoire de se sentir moins seule.

 


La liberté retrouvée  (I'm free to do what I want)

Période de grand n'importe quoi s'il en est.
On se dit qu'on va rattraper une (presque) décennie de monogamie, que cette fois, on ne nous y prendra plus, à craquer comme une biscote pour de mauvaises raisons.
Et au lieu de rattraper les années, ce sont les années qui nous rattrapent.
Re-belote, la biscote.
On tombe amoureuse. Souvent. N'importe comment.
On tombe sur un os.
On tombe de haut.
On tombe tout court.

Pense-bête:

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Encore l'amûûûûr (Episode 2...épilogue)

Période d'angoisse s'il en est.
On a déjà donné, hein.
Et puis les mauvaises habitudes d'une vie à deux sont prises...alors on annonce la couleur, histoire de ne pas se coltiner la douleur:

- J'aime pas quand y'a du bordel. J'ai du mal avec les miettes par terre. J'espère que ça t'emmerde pas trop, mais je regarde "La Nouvelle Star" à la télé. Je fume. J'ai tendance à m'excuser pour un rien, ce qui me rend très, très relou. Je suis hypocondriaque. Je stresse facilement, ça m'file de l'eczéma. Je sais pas trop causer, je préfère écrire, tu m'en veux pas? J'aime bien parler politique. Ma mère est du genre "abu-juive", j'te préviens. J'ai une môme de deux ans et demi, des plantes vertes et un chat dépressif à la maison.

Et là, on attend la réaction.
On attend la décomposition faciale qui suit immanquablement l'énumération.
Mais non.
Rien.
Enfin, si.
Un grand éclat de rire, suivi d'une galoche hollywoodienne, magistrale, le patin du siècle, le smoutch des smoutch, le baiser king size, que dis-je, super-size.

Pense-bête:

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Lundi 19 mars 2007

J'adoooore râler.

Je râle pour un oui, pour un non.
Je peste, comme Poupon.

Contre le connard qui ne me tient pas la porte (et limite me la balance dans la gueule).

Contre la pluie qui fait rien qu'à mettre des gouttes de merde sur mes lunettes (alors j'y vois plus rien et je marche dans les crottes de chien).

Contre les chiens qui crottent, justement. Il faudrait retirer l'avertissement "ne pas faire sécher votre chien" de tous les micro-ondes sur le marché.

Contre la pétasse qui rafle le tout dernier paquet de  X, là, juste sous mon nez, et ne me laisse comme unique alternative que de lui casser la gueule (ou me rabattre sur un paquet de Y).

Contre les mômes, au boulot, qui ont le tort d'être fous comme des lapins, et sont donc forcément très bruyants, très délirants, très violents et très, très chiants. Il faudrait supprimer le "119 Enfance maltraitée".

Contre les adultes, au boulot, qui ont le tort d'être épuisés par les mômes fous, et sont donc forcément très absents, très lents, très déprimants et très, très chiants.

Contre les pigeons, qui semblent s'être donné le mot et visent de mieux en mieux quand ils chient. Il faudrait supprimer la SPA et euthanasier Alain Bougrain-Dubourg.

Contre le petit morceau de salade qui, immaquablement, va venir se coincer entre mes deux incisives et rester là, ce gros con, à faire des appels de phares à tous les regards qui traînent.

Contre les embouteillages, quand ma chère moitié est au volant et que je suis passagère pas sage, coincées que nous sommes entre le cul d'une 206 et la mâchoire chromée d'une Porsche. Il faudrait supprimer tous les points sur tous les permis et abattre à vue les conducteurs de Porsches.

Comme le dirait mon z'amour, avec son sens de la formule et de l'à-propos:

"Il est bon de pester...Mais ne pestons pas plus haut que notre cul".

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