Je craignais le pire...lumières, bruissements de foule, angoisse de nos petits trolls, catastrophe possible à l'horizon.
Sortie du boulot, ce soir...je me suis autorisé un p'tit noir chez Khaled, au café du coin.
C'est un rade qui ne paie pas de mine, un vieux flipper dans un coin, un comptoir cradingue décoré de milliers d’empreintes digitales…traces de vie, tranches de doigts…tout ce que j' aime.
Le café (serré et bien chaud) m'a aidée à me poser un peu, à me détendre après cette journée qui fut...un vrai cirque.
Cirque Pinder, ce matin, dix heures et quart. Vague de chair enfantine, un nuage de senteurs de mômes, lait, chocolat, champoing qui pique pas les yeux, céréales, lambeaux de sommeil.
Amener une dizaine de mômes, fous comme des lapins, sous un immense chapiteau, au milieu de centaines d'autres gamins dits "normaux"...
Magie du spectacle, et pas de crises, en fin de compte. Mâchoires sur le point de se décrocher devant les fauves, les éléphants, et leurs dompteurs; rires quasi-hystériques avec les clowns; et des "ohhhhh", des "ahhhhhh" quand les trapézistes faisaient mine de se casser la figure...
A la fin du "pestacle", comme ils disaient, explosions de "bravo" et cris de joie. Ils se sont jeté à nos cous, avec leurs grands yeux pleins de réponses farfelues qui exigent des questions raisonnables…ça me faisait un collier de gamins tout chaud, tout vivant, le plus chouette des bijoux.
Et on me demande comment je fais pour me lever chaque matin avec le sourire et prendre mon métro sans faire la gueule...




