J’ai toujours adoré l’esprit de Noël.
Si, si, c’est vrai !
Toutes ces vitrines pleines de lumières, débordant de jolies choses que tu ne pourras jamais te payer…Tous ces gens pas pressés du tout, si aimables quand ils te bousculent dans les allées de la Fnac ou d’ailleurs…Foule compacte sans aucune chaleur…Tous ces charmants bambins qui se roulent par terre parce que papa-maman ne veulent pas leur acheter cette Playstation, là, maintenant, tout de suite…Toute cette générosité, quand les passants passent, les bras chargés de paquets, et que d’autres trépassent, affalés sur les marches du métro…Toute cette bouffe étalée sur les tables, par ceux-là même qui te disent de finir ta soupe parce qu’il faut penser aux petits Ethiopiens…
Faut dire ce qui est, quand les fêtes approchent, j’ai le poil qui se hérisse et la dent qui se durcit. C’est plus fort que moi, je peux pas avoir le cœur en fête, je l’ai plutôt en berne, drapeau qui fait la tronche, grise mine et cynisme affiché. D’ailleurs, il n’y a guère que mon chat (qui s’en tamponne le coquillard) pour ne pas me le reprocher.
Ma tante : « Mais souris un peu, quoi, c’est Noël, pas un enterrement ! »
Moi : « Ben, tatie chérie, c’est un peu la mise en bière de la décence, quand même… »
Ma mère : « Alors, qu’est-ce que tu voudrais pour Noël, cette année ? »
Moi : « Une année sans 24 décembre, c’est possible ? »
Mon cousin : « Tu veux passer Noël avec nous ? Y’a la place, tu sais, la maison et grande et on a un sapin immense cette année, tu devrais voir ça ! »
Moi : « Oh, ben je voudrais pas vous ruiner, y’a déjà les cours de danse, de poney, de violon, de piano à payer à vos mômes, et puis le Country Club de Vaucresson, et puis tu sais, le boudin au champagne de ta femme, c’est pas trop mon truc… »
Et à la fin de chacune de ces conversations, qui sont toujours téléphoniques bien sûr, c’est toujours le même son que j’entends : « Clic…tût tût tût… »
C'est pas que je sois asociale, hein...Mais régurgiter mon boudin au champagne le 25 au matin en salopant l'émail de ma salle de bain, très peu pour moi.
Bon, ce qui m'embête un peu, c'est que, forcément, personne ne me fait de cadeaux. Et même si, en public, je méprise le consumérisme capitaliste occidental (faut bien s'intégrer...) , en privé j'adoooore les p'tits paquets, avec les jolis p'tits rubans et tout, et tout...Bon, les rares fois où on m'en fait, ça fait du bordel dans le vide-ordure (merci pour toutes les boules à neige et les tours Eiffel rose bobon, Mémé). N'empêche...
Alors cette année, j'ai décidé de ne compter sur personne et de m'offrir mon propre cadeau! Na!
J'avais pas trop d'idées, vu que je voulais me faire la surprise et qu'il était donc hors de question de me consulter.
Et puis un copain m'a raconté ses aventures sur la Toile, l'Internet, le Ouaib. Vu qu'il avait commencé par me balancer les noms de tous les sites de cul (sur lesquels il n'allait "évidemment pas", ce faux-cul), j'ai flippé quand il a poursuivi en me baratinant sur la "blogosphère".
- T'as chopé une saloperie?
- Hein???
- "blogosphère", tu disais...c'est un truc contagieux?
- T'es vraiment trop con.
Bref, j'ai vite compris que la "blogosphère", c'est une sorte de poubelle électronique dans laquelle des millions de gens balancent en permanence tout un tas de trucs.
Illumination!!!
Puisque je suis une emmerdeuse-chiante-conne-lourde qui casse les ambiances, pourquoi ne pas carrément aller emmerder le monde entier?
Alors j'ai décidé de m'offrir...UN BLOG! Cadeau de moi...pour moi!
Comment me remercier?