J'ai la trouille.
La frousse.
Les chocottes.
J'ai le poil qui se hérisse et l'estomac en noyeau de pêche.
Y'a des jours, comme ça...
On anticipe. On regarde les heures passer. Vite. Trop vite.
J'ai le regard vissé à la pendule.
Mes mômes, de retour de vacances, tous bronzés, tous souriants, toujours aussi fous, me racontent des histoires que je n'entends qu'à moitié ("c'est l'histoire d'un fou qui repeint son plafond..."). C'est pas faute d'essayer. Je me concentre. Je "focusse", comme dirait Jean-Claude Vandamme.
Mais y'a comme un arrière-fond sonore à chacune de mes pensées.
Un truc qui me vrille les neurones.
La fraise.
La putain de fraise.
Aujourd'hui. A 16h30 tapantes.
Le dentiste.
Môman.
Alors c'est donc vrai. On peut avoir vu des accidents de la route, tapé la discute avec des mourants, tripatouillé des veines et des artères dans tous les sens, passé des heures dans des blocs opératoires et vu des transplantations coeur-poumons...rien n'y fait.
On a toujours la trouille.
Du dentiste.
Alors ça sert à quoi, que Ducon il se décarcasse? Hein? A quoi ça sert, de se blinder le coeur et le bide pendant des années? Si c'est pour avoir envie de faire pipi dans sa culotte au moment de passer sous la fraise?
P'tain....
J'espère au moins qu'elle me refilera une image ou, mieux, un bonbec.
Histoire de s'assurer que je reviendrai.




