Le truc qui ne m'arrive presque jamais:
Je n'ai pas écrit sur mon blog depuis trois jours.
Moi qui suis, en général, prise de logorrhée plumitive dès qu'une pensée traverse mon cerveau de demi-blonde...
Depuis quelques jours, rien, nada, que dalle, nib.
Putain, qu'est-ce qui m'arrive?
Je vais vous le dire, moi, ce qui m'arrive.
Je suis en plein milieu d'une période "fait-chier-marre-plein l'cul" (encore appelée FCMPC)
Symptômes: Immense lassitude professionnelle, essentiellement. Parce que pour le reste, ça va, merci.
Mais comme mon boulot ne consiste pas à rester le cul vissé sur une chaise, derrière un bureau, et à faire semblant de bosser (tout en jouant au solitaire ou en surfant sur des sites cochons),
comme mon boulot me fait ingurgiter de l'humain comme d'autres avalent des Tic-Tac, ben forcément, y'a un certain retentissement sur tout le reste...
Ma vie est un énorme malentendu.
Y'a eu maldonne.
Erreur de casting.
Je rêvais de savoir jouer d'un instrument. N'importe lequel. Résultat: je chante faux et je gratte péniblement "Jeux interdits" sur ma guitare.
Je me voyais blonde, plutôt bien foutue, me voilà brune et pas précisément taillée comme Cameron Diaz (plutôt Whoopi Goldberg, pour ceux qui
connaissent).
Je m'imaginais bien dans ma peau, sûre de moi, prenant facilement les boulevards les plus rectilignes. Ben, je fais la fortune de mon psy, je
marche sur des chemins tordus et je collectionne les mots qui se terminent en « ose » (névrose...dermatose...)
J'aurais voulu savoir jouer avec
les chiffres, eh ben le Grand Manipulateur m'a fait jongler avec les mots.
J'aurais préféré me confronter à des ordinateurs, des bagnoles ou même des tracteurs, n'importe quoi d'inerte et de compréhensible, eh ben je me suis coltiné les humains, et pas les plus faciles,
non. Les malades, les moribonds, ceux avec « plaies et bosses » en option.
Ben oui.
Des mots et des maux.
On comprend la logique.
Mais ça m'emmerde.
Le pire, c'est que je suis plutôt douée. Je suis bonne à ça. Je suis une oreille à moi toute seule. On me parle. On se confie. On s'épanche. On se répand, même, dans
mon conduit auditif. Et moi, j'éponge. Paraît que j'inspire confiance. Que je rassure.
Que j'ai le « chic ».
Et alors?
Est-ce que j'ai demandé, moi, à avoir le « chic »? Hein? Est-ce que je suis allée le sonner, moi, l'autre Grand Motivateur, est-ce que je suis allée mendier un p'tit rab de compassion, une double dose d'empathie, un chouille de « chic » en supplément?
L'aurait pas pu me faire bourge moyenne, conne au plancher ou génie en herbe? Plutôt que conne moyenne et bourge au plancher, sans une once de génie...
Infirmière, non mais j'vous jure!
En plus, je suis hypocondriaque.
Depuis toujours.
Quand j'avais douze ans, j'ai fait un trip « angoisse de mort » qui a duré six mois. Ma mère s'arrachait les cheveux.
- Mais enfin merde, quoi! Sors de cette chambre! Et les cours, alors? Hein?
- M'en fous! De toute façon, ça sert à rien de passer son bac! On finit toujours au cimetière!
- Ouais, mais entre ton BEPC et ton enterrement, tu vas avoir pas mal d'années à combler.
- Qu'est-ce que t'en sais, d'abord?
- Bon, si tu sors pas de cette chambre, j'te préviens, j'enfonce la porte.
Et ça n'a pas arrêté.
Dès que je suis entrée à l'école d'infirmière, j'ai mis la main sur un dictionnaire médical et j'ai fébrilement cherché tous les symptômes possibles et imaginables. De ma première à ma dernière année d'études, je me suis chopé à peu près toutes les pathologies existantes, de la grippe (aviaire) au cancer du nez, en passant par la bilharziose, la peste bubonique et le purpura hémorragique.
Infirmière...
Ahhhhh....Aller directement à l'ANPE du quartier. Pousser la porte. Changer de métier. Tiens, je suis sûre qu'on a besoin d'une fille qui a le « chic », dans les élevages de
chèvres du Larzac. Ou dans ce labo, en Amazonie, qui étudie le cycle reproducteur des fourmis rouges....
Foutu syndrôme FCMPC!
Il me fait dire n'importe quoi.




