Note pour plus tard...



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Vendredi 9 mai 2008
par l'emmerdeuse ajouter un commentaire



Depuis que j'habite dans le 93, j'ai appris plein de choses sur la banlieue.

Et d'abord, que les stéréotypes télévisuels et cinématograhiques, c'est un peu de la merde.

C'est vrai que si tu te branches sur TF1 à une heure de grande écoute, tu as des chances de voir des tours de béton sinistres, des mémés terrorisées, et surtout des jeunes encapuchonnés qui dealent et qui molestent les braves citoyens de la France d'en bas, obligés de partager ces HLM pourris avec de la "racaille" forcément d'origine immigrée (sinon c'est pas drôle et puis ça fait moins d'audimat).

Bon, ben là où j'habite, y'a déjà pas de tours.

Par contre, y'a des maisons avec des potagers, et plein de petits vieux qui se cassent le dos à ramasser leurs tomates. Et aussi plein de gosses de toutes les couleurs qui font du vélo et du skate, même que les vieux qui jardinent, ça les fait râler. Et on a une floppée d'associations, aussi, les boxeurs Thaï et les femmes africaines, les peintres contemporains et les sans-papiers, les amateurs de pêche à la ligne et les fans de rap. On avait même un local siglé "UMP", mais va savoir pourquoi, depuis les municipales, il est tout le temps fermé.

Enfin quand même, à quelques kilomètres, des tours, on en a.

D'ailleurs la seule fois où j'ai une eu galère là-bas, c'est quand j'étais infirmière à domicile. Ma collègue et moi, on est tombées en rade de bagnole comme deux pouffes, avec les trousses de soins et tout le barda, et tous les petits vieux s'étaient mis à leur fenêtre pour se foutre de nous, les cons, pendant que la Clio crachait tout ce qu'elle pouvait et toussait comme un Grégory Lemarchal sur le point de passer l'arme à gauche.


On n'en menait pas large, parce que nous aussi, on a vu La Haine et qu'on imaginait la faune du coin embusquée derrière une cage d'escalier, prête à bondir et à nous dépouiller de tout ce qu'on avait, à commencer par cette voiture pourrie qui refusait de démarrer.

C'est là qu'on a vu s'approcher un groupe de "jeunes", avec les pantalons baggy et les sweats à capuches, un vrai bonheur de cliché à la Pernault, une dizaine au moins, démarche nonchalante et chaloupée, mains dans les poches et téléphones portables braillant un hip-hop du niveau zéro de la musicalité.

- Démarre, Thérèse, bordel, démarre!
- Je fais ce que j'peux, t'as remarqué? Si t'avais ton permis, tu pourrais l'ouvrir, ta gueule.
- Si tu savais conduire, on aurait pas calé!
- Si on avait des bagnoles normales au lieu de poubelles sur roues, ça irait p'têt bien mieux!
- Si ma tante en avait, on l'appelerait mon oncle! Démarre, putain de bordel de merde!

Mais ça démarrait pas, ça faisait juste "uiiiiiii", un peu comme comme ton grand-oncle qui fait de l'emphysème et que ta mère elle dit qu'il n'en a plus pour très longtemps (ta mère, elle dit pas ça par méchanceté, c'est juste parce que ton grand-oncle il a une vache de baraque à Nice et aussi un compte à dix chiffres au Lichtenstein).

L'un des mecs s'est approché de la vitre passager, il m'a fait signe de la baisser, et j'ai obéi, parce que je le voyais déjà en train de la défoncer avec une batte de base-ball.

- Vouiiiiii?
- Z'avez un problème, madame?

Madame.
Tu sais que ça me fait toujours un petit coup au coeur, quand on m'appelle "madame"? C'est là que je vois que j'ai définitivement dépassé cette période de ma vie où on me prenait pour une élève infirmière, cette période pendant laquelle j'ai pu gruger sur la Carte Étudiant, cette époque où je trouvais les trentenaires péteux et cons comme des manches.

- Ben c'est-à-dire que non, on n'a pas de problème, c'est la voiture qui en a un.
- Ah ouais, ça démarre pas, hein?
- Voilà, oui.

Il a fait le tour, s'est approché de Thérèse, qui lui a sorti son plus beau sourire (Thérèse, quand elle sourit sous la contrainte, on dirait Jaws dans Moonraker, c'est pas très joli, et puis surtout ça fait peur aux enfants.

- Eh madame, c'est vot' batterie qu'est à plat, j'crois.
- Ben oui, je crois aussi, oui.

Le petit mec a appelé ses potes, qui se sont groupés autour de la Clio pourrie (dans ma tête de citadine, ça me renvoyait l'image des lions qui encerclent la gazelle, parce que j'ai vu plein de documentaires animaliers sur la Cinquième, et je sais que quand ils te montrent ce moment-là, ben ça pue sévère pour la gazelle).

J'ai regardé Thérèse et j'ai essayé de lui expliquer le coup des gazelles et des lions, mais tu parles, elle était trop concentrée sur la clé, elle n'arrêtait pas de tourner cette foutue clé, et ça repartait pour un "uiiiiiiii" pathétique.

- Arrêtez, m'dame, vous allez la noyer, vot' voiture.

Le gars s'est tourné vers les autres, ils ont papoté deux minutes, et puis y'en a au moins quatre qui se sont collés au cul de la voiture, deux autres sur les côtés et deux qui sont partis en éclaireurs sur la Dalle.
Le p'tit chef a dit à Thérèse:

- Nous, on pousse.

Thérèse, elle a la paupière qui a fait "tic-tic", deux fois, et elle a dit:

- Ah bon...

Et ils ont poussé.
Ils ont poussé vachement fort, pendant que les autres jouaient à la police de la route devant nous et demandaient aux gens de dégager le passage.
Moi j'y connais rien, aux voitures, mais Thérèse elle a eu l'air de savoir quoi faire, parce qu'assez rapidement, on a démarré pour de bon.

Les mômes ont poussé des cris de Sioux, ils étaient tellement jouasses qu'on se serait cru dans une scène de film des années 80, pendant une surboum où Kevin fait du plat à Cindy sur une musique merdique et que les potes de Kevin l'encouragent en rigolant.

- Madame, ça roule, hein, ça roule! Z'arrêtez pas, madame, z'arrêtez pas, ça roule!

Pour rouler, ben ça roulait, ouais.
On est rentrées au boulot avec une demi-heure de retard et on s'est fait passer un savon par la connasse de service, mais on avait ramené la Clio.

Cette cité, j'y suis retournée pas mal de fois, ensuite, parce qu'on avait au moins 70% de nos patients qui y créchaient (la faute au RMI, au chômage, à Giscard, qu'est-ce que j'en sais, mais ils s'en seraient bien passé, tous autant qu'ils étaient).
Les gamins, on les a revus souvent. Une fois, ils nous ont aidées à descendre une mémé qui faisait un malaise et qu'on voulait emmener à l'hosto. C'était pas vraiment comme dans Urgences, parce que ça faisait un peu bordélique et que la cage d'escalier était vraiment étroite, mais quand même.

Alors bon, tu vois, depuis, ben je suis encore plus certaine que la téloche, c'est de la merde.

publié dans : Tronches de vie commentaires (17)   
Vendredi 9 mai 2008
par l'emmerdeuse ajouter un commentaire




Tu as remarqué, depuis quelques temps, que quand tu viens perdre ton temps en ce lieu de perdition (oui, c'est une redondance), ton navigateur internet affiche bravement une image dans la barre d'adresse?

Celle-là, en fait, mais en beaucoup plus petit:













Eh bien figure-toi que je n'ai pas fait ça toute seule.

N'ayant pas la chance d'avoir à portée de main une femme qui touche sa bille en HTML ou en Java (contrairement à Zeste de Filles), je me suis fait aider par quelqu'un d'autre.

Non parce que si j'avais dû compter sur ma femme, on serait pas encore couchés, tu vois:

- Chérie, j'aimerais bien avoir un p'tit favicon sur mon blog, tu sais.
- ....
- Ben oui, ça serait classe...non?
- Je croyais que tu ne voulais pas que ton blog soit classé dans la catégorie Adulte?
- ....

Heureusement, sur la Toile, il y a un Chat.

Un Chat pour qui la modification du CSS n'est pas synonyme d'adhésion à un groupuscule néo-nazi.
Un Chat qui n'hésite pas à partager son savoir encyclopédique, ses tags, ses méta et ses balises avec le vulgus pecum.
Un Chat qui, en plus, ne se frotte pas hypocritement à tes jambes pour te réclamer à bouffer, ni ne chie ostensiblement et bruyamment juste au moment où tu passes à table, ni ne te nique ton canapé flambant neuf, ni ne te montre son trou de balle si par malheur tu le vexes.

Un Chat qui, quoi.

C'est
Frida (celle qui pleure quand on lui dit bonjour) qui nous l'a présenté.
Frida, elle écoute I Muvrini, mais quand même elle est très chouette.
Frida, elle est Corse, c'est pour ça qu'il faut pas la faire chier trop non plus, mais tant que tu t'abstiens de cracher sur le pâté de Figatellu, la tomme Ottavi  et le saucisson de sanglier des montagnes, elle est adorable.

Rendons donc aujourd'hui hommage au Chat Qui, l'autre félin du ouaibe, grand pourvoyeur de favicons devant l'Eternel, oui mes frères et mes soeurs, rendons-lui hommage, vénérons en ce jour la Sainte Croquette en l'honneur du Chat Qui !
(et accessoirement, foutons un grand coup de pied au cul à nos chats de salon, fourbes félidés parfaitement inutiles, parasites quadrupèdes tout juste bons à ruiner nos efforts décoratifs et à parfumer nos demeures d'effluves pestilentielles).


(Clic pour la version XXL du crobard chez Bertrand)










publié dans : Pipoleuh commentaires (20)   
Jeudi 8 mai 2008
par l'emmerdeuse ajouter un commentaire

Nurse Ratchet

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Les Eves en Gilles

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